Vaccin anti-Covid19
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Vaccins anti-Covid19 : vers un retour à une vie normale

Entretien avec la Professeure émérite d’immunologie Brigitte Autran, membre du comité scientifique sur les vaccins Covid-19.

Brigitte Autran

Alors que le gouvernement accélère la campagne de vaccination contre le coronavirus, Sorbonne Université organise, en partenariat avec l’Université de Paris, une conférence sur ce sujet le 29 janvier. À l’origine de cette initiative, la Professeure émérite d’immunologie Brigitte Autran, membre du comité scientifique sur les vaccins Covid-19, fait le point sur la stratégie vaccinale en France.

Vous organisez une grande conférence sur la vaccination le 29 janvier qui sera accessible en ligne et en replay. Quel est son objectif ?

Brigitte Autran : Dans un contexte de surinformation où il est difficile, y compris pour les professionnels de santé, de distinguer le vrai du faux, les universités ont un rôle majeur à jouer pour diffuser une information de qualité et remettre de la rigueur dans la pensée.

Parties prenantes dans cette lutte contre la Covid-19, Sorbonne Université et l’Université de Paris comptent nombre d’experts qui participent à la définition des recommandations et de la stratégie vaccinale en France. Il nous a donc semblé important de leur donner la parole pour fournir des informations solides à l’ensemble de la communauté universitaire, aux journalistes et au grand public.

Organisée sous forme de webinaire, cette conférence est aussi l’occasion de débattre des questions que se posent à la fois les spécialistes et une grande partie de la population.

Quels seront les grands axes de cette conférence ?

B. A. : La conférence sera organisée en trois sessions : la première portera sur les vaccins disponibles, la deuxième sur la stratégie vaccinale en France et la dernière sur des questions plus sociétales. La présence des collègues de la faculté des Lettres de Sorbonne Université et de la faculté de droit de l’Université de Paris nous permettra d’aborder l’histoire de l'hésitation vaccinale, la question du passeport vaccinal et de la liberté de circulation, ainsi que celle de la communication en temps de crise.

Chaque session débutera par une brève intervention d’experts référents suivi d’un débat autour de questions scientifiques et sociétales. Une série de questions/réponses avec le public, via le chat, clôturera ces sessions.

Vaccins Pfizer-BioNTech, Moderna et AstraZeneca : quels sont les points forts de ces vaccins nouvelle génération ?  

B. A. : Le vaccin à vecteur viral AstraZeneca/Oxford a l'avantage d'être peu cher et de pouvoir se conserver au réfrigérateur, contrairement aux vaccins de Moderna et de Pfizer/BioNTech, qui ne peuvent être stockés qu'à très basse température.

Ces vaccins d’un genre nouveau reposent sur trente ans de recherche extrêmement rigoureuse sur l'utilisation thérapeutique des ARN messager. Cette technologie vaccinale a été développée depuis plusieurs années dans d'autres applications, par exemple, contre la grippe ou le virus Zika. Testés lors d’essais cliniques précoces chez l'Homme, ce type de vaccin n'était pas allé jusqu'aux phases d'efficacité tout simplement parce que nous n’avions pas la pression que suscite aujourd’hui cette épidémie. La lutte contre la Covid-19 a été l’occasion de démontrer pour la première fois l'efficacité impressionnante de ces vaccins.

L’autre avantage de ces technologies innovantes à ARN messager est de pouvoir très facilement modifier le vaccin pour l’adapter à un nouveau variant. Même s’il faudrait ensuite le faire valider par les agences réglementaires, nous irions beaucoup plus vite qu’avec des vaccins classiques.
 
Quelle est la différence entre l’immunité induite par une contamination au Sars-Cov2 et celle procurée par les vaccins ?

B. A. : Nous pensons que l'immunité induite par les vaccins sera plus solide et durable que celle qu’entraîne l'infection. Après la première injection vaccinale, nous obtenons déjà 50% de protection et près de 95% sept jours après la seconde. L’immunité naturelle est, quant à elle, plus aléatoire car elle varie selon la sévérité de la maladie et de la présence ou non de symptômes. À terme, l'immunité collective sera obtenue à la fois grâce à l'immunité acquise par les personnes infectées et à celle acquise par les vaccins.

Quel est l’objectif de la stratégie vaccinale adoptée par le gouvernement ?

B. A. : Avant même l’obtention de l’immunité collective, le but de la vaccination est d’abord de permettre une protection individuelle contre les formes graves. L'urgence n’est pas de vacciner la totalité de la population dans les six mois, mais de permettre à la société de repartir et de retrouver rapidement une vie normale.

C’est pourquoi, dans l’ensemble des pays européens, la stratégie consiste à vacciner en priorité trois populations qui représentent environ 20 à 25% de la population générale : les sujets âgés, les sujets plus jeunes porteurs de facteurs de risque et les personnels de santé.

En commençant par protéger ces populations, nous luttons directement contre l'engorgement des hôpitaux et des services de réanimation, ce qui diminuera petit à petit, le risque de devoir bloquer la société et l’économie.

Les Français ont-ils aujourd’hui retrouvé confiance en la vaccination ?

B. A. : Il ne faut pas confondre l'hésitation vaccinale et les mouvements anti-vaccinaux. Si ces derniers, qui ne représentent que 5 à 6% de la population, sont, par principe, contre la vaccination et réfractaires à tout argument rationnel, ce n’est pas le cas de la majorité des Français. L'hésitation n'est pas le refus. Face à l'importance et à la gravité de cette crise sanitaire, la très grande majorité de la population est en train de réaliser que les vaccins sont efficaces, bien tolérés et souhaite se faire vacciner.


Suivez-la conférence le 29 janvier en direct ou en replay.

 

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