"La musique est la pratique artistique la plus répandue en France"
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"La musique est la pratique artistique la plus répandue en France"

Entretien avec Benoît Fabre, directeur du Collegium Musicæ.

Benoit Fabre

Professeur d'acoustique à Sorbonne Université, Benoît Fabre dirige le Collegium Musicæ, un institut pluridisciplinaire qui rassemble musiciens, chercheurs et enseignants-chercheurs autour de la création, la recherche, la conservation et la pratique musicale.

Comment est né le Collegium Musicæ ?

Benoît Fabre : Au sein de l’Alliance Sorbonne Université, plusieurs communautés travaillent autour de la musique : des acousticiens, des musicologues, des informaticiens, des ethnomusicologues, des instrumentistes, etc. Né en 2015, le Collegium Musicæ s’est construit à partir des nombreux échanges informels entre ces communautés qui s’intéressent à des objets de recherche similaires avec des méthodes et des points de vue différents.

Unique en France, ce pôle réunit aujourd’hui une dizaine de composantes et près de 400 chercheurs, doctorants et enseignants-chercheurs aux expertises complémentaires. Leur rapprochement permet de confronter les cultures scientifiques, les styles de recherche et les modalités d'enseignements autour d’une approche transversale des musiques savantes, populaires et traditionnelles.

La pluridisciplinarité est au cœur des instituts de l’Alliance Sorbonne Université. Comment se traduit-elle chez vous ?

B. F.  : Le Collegium Musicæ finance des contrats doctoraux et postdoctoraux et soutient de nombreux projets de formation et de recherche. Plutôt qu’un simple habillage pluridisciplinaire, nous favorisons, dans le choix de ces projets, une démarche de co-construction progressive autour d’une question commune portée par des collègues d’horizons différents.

Les contrats doctoraux que nous finançons impliquent ainsi nécessairement un co-encadrement entre des chercheurs de laboratoires voire de disciplines distincts. Cette co-direction est l’un des meilleurs outils pour favoriser les échanges en profondeur car elle permet aux doctorants comme à leurs encadrants de confronter leurs méthodes et leurs cultures sur un même sujet pendant trois ans et de s'approprier de nouvelles manières de réfléchir et de travailler.

Nous organisons également des colloques pluridisciplinaires qui réunissent, par exemple autour des instruments de musique, des instrumentistes, facteurs d'instruments, musicologues, acousticiens, etc.

Quels sont les enjeux du Collegium Musicæ en termes de recherche ?

B. F.  : Suite à une première phase durant laquelle près de 70 projets, reflétant les envies et les curiosités de chacun, ont été développés au Collegium Musicæ, nous avons orchestré nos projets autour de cinq axes-programmes fédérateurs. Le premier, en lien avec Sorbonne Centre for Artificial Intelligence, porte sur les usages de l’intelligence artificielle dans le domaine de l’improvisation musicale, tant du point de vue de l’analyse que du point de vue de l’interaction.

Le deuxième s’intéresse à l’innovation en facture instrumentale. Nous travaillons notamment en partenariat avec le laboratoire du Musée de la musique pour réfléchir ensemble à la façon dont se transforment les instruments au fil des siècles.

Le troisième axe-programme a pour objet les lieux de concert. Nous travaillons avec des géographes, des sociologues, des historiens, pour aborder ce thème d’un point de vue architectural, acoustique, social, urbain, économique, symbolique, politique, etc.

Le quatrième, développé en collaboration avec l’Institut universitaire d’ingénierie en santé, concerne la relation entre musique et médecine. Il s’agit à la fois d’étudier l'utilisation de la musique à des fins thérapeutiques et les conséquences de la pratique musicale sur la santé des instrumentistes.

Le dernier axe-programme analyse la fabrique et les usages des connaissances sur la musique. Il interroge la relation au savoir des différentes disciplines d’étude de la musique, la relation aux savoir-faire des musiciens, et plus généralement aux mondes sociaux et culturels dont ils participent.

Nous avons également lancé cette année la création d’un observatoire de la musique avec les partenaires du monde professionnel (des salles de spectacle, de la radio, etc.) pour réfléchir aux évolutions des modes de consommation de la musique et plus largement des relations entre musique et société.

Et en termes de formation ?

B. F.  : Partant du constat qu’un grand nombre de doctorantes et doctorants font des recherches sur la musique au sein de l'Alliance Sorbonne Université, nous travaillons à la mise en place d'un programme doctoral pluridisciplinaire Musiques & Sciences.

Nous développons également de nouveaux modules au sein du double cursus Sciences et musicologie qui préexistait au Collegium. Nous intervenons notamment dans l’enseignement « Acoustique et lutherie » pensé comme une initiation à l'acoustique abordée à travers la facture instrumentale.

Quels liens avez-vous développés à l’international ?

B. F.  : Nous avons créé un réseau international, le Collegium Musicæ international network, en partenariat avec une dizaine d'institutions aux États-Unis, Canada, Mexique, Chili, Portugal, Grèce, Royaume-Uni, etc., qui ont des enjeux similaires aux nôtres.

Partant du constat que la musique a été, depuis des siècles, un vecteur d'échanges à travers l'Europe, nous sommes également présents sur la scène européenne et en particulier au sein de l’Alliance 4EU+. La circulation des compositeurs, des musiciens, des idées et des instruments atteste d'une identité musicale au sein du vieux continent. Dans ce cadre, nous pilotons, entre autres, un projet autour de Frédéric Chopin avec trois universités de l’Alliance 4EU+ (Milan, Varsovie et Heidelberg).

Quel impact ont les projets du Collegium Musicæ sur la société ?

B. F.  : La musique représente la pratique artistique la plus répandue en France. La connexion entre musique et société est donc directe comme en témoignent nombre de nos projets. Citons, par exemple, le projet de sciences participatives BiblioJazz, qui permet à tous les passionnés de jazz d’apporter leur savoir, leurs références ou leurs contributions sur une plateforme dédiée à ce genre musical.

Nous avons également développé, au sein du Collegium, le projet OCEN (Orchestre et chœur électro-numériques). Véritable outil de rayonnement de Sorbonne Université, ce projet va permettre à des amateurs de musique sans formation musicale préalable de dépasser la barrière de la technique instrumentale et d’accéder directement à la pratique, la création et l’improvisation grâce à des interfaces électro-numériques. Ces nouveaux outils de création musicale sont déjà déployés auprès de la communauté étudiante de Sorbonne Université et dans plusieurs établissements scolaires franciliens.

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