Yanis Meziane

Yanis Meziane

Spécialiste du 800 mètres et étudiant à Polytech Sorbonne

Les JO ? Je n'y vais pas pour faire de la figuration, je compte bien me qualifier pour la finale !

À 21 ans, Yanis Meziane se profile comme la grande promesse du 800 m français en devenant le septième athlète de l'histoire de notre pays à descendre sous la barre des 1'44''. Le jeune étudiant en agroalimentaire à Polytech Sorbonne, tout récemment auréolé d’une médaille d’or aux Championnats d'Europe Espoirs, s'apprête à participer aux prochains Jeux Olympiques. 

Comment est née votre passion pour l’athlétisme ?
Yanis Meziane
: Il faut savoir qu’au départ, mon sport préféré était le handball. J’avais regardé beaucoup de matchs lors des Jeux Olympiques de Pékin en 2008 et, après la victoire des Bleus, j’ai eu envie de m'inscrire dans un club de handball. 
En parallèle, mon père m'avait inscrit en athlétisme. J'ai donc pratiqué ces deux sports pendant une dizaine d'années jusqu'à mon arrivée en études supérieures… À ce moment-là, j'ai dû faire un choix. J’ai alors privilégié l'athlétisme, car je commençais à faire mes preuves dans ce sport. Puis, au fil des années et des compétitions, l’athlétisme s’est transformé en véritable passion.

Au début, je faisais un peu toutes les épreuves : je courais, je sautais, je lançais. Ensuite, je me suis tourné vers le 400 m, catégorie cadet. Ma vitesse de pointe étant limitée, j'ai décidé de me spécialiser sur le 800 m en junior (U20). C'est comme ça que je suis devenu un spécialiste du double tour de piste. Au-delà de la course, j'aime beaucoup la dimension tactique de l'épreuve, qui allie vitesse, endurance et intelligence, notamment sur le placement.

Quelles études faites-vous actuellement ?
Y.M. :
Je suis en 4ᵉ année à Polytech Sorbonne, en ingénierie agroalimentaire. J'ai choisi Sorbonne Université, car elle propose le parcours des écoles d'ingénieurs Polytech (PeiP) permettant d'accéder à ces écoles sans passer par les concours classiques d'admission, ce qui est plus adapté à ma pratique sportive. 
J’ai toujours eu une appétence pour les matières scientifiques – la biologie m’a toujours passionné –, cela me semblait évident de m’orienter vers l'ingénierie agroalimentaire.

Comment conciliez-vous vos études et le sport de haut niveau ?
Y.M. : 
Je bénéficie d'un aménagement de mon emploi du temps qui facilite la pratique du sport tout en permettant de poursuivre mes études. L’avantage avec l'athlétisme, c’est qu’il n'impose pas de contraintes horaires strictes, je peux m'entraîner à n’importe quelle heure. Concrètement, une semaine type comprend sept entraînements, d'une à deux heures, en fin de journée. Les séances sont variées : course à pied, musculation, techniques de course, VMA (vitesse maximale aérobie), travail d'allure, entraînement spécifique sur 800 m, etc.

J'ai aussi la chance de faire partie du dispositif sportif de haut niveau mis en place par Sorbonne Université, et du programme de bourses Passeport pour les JO de la Fondation qui m'aide financièrement grâce à une bourse, avec le soutien du Crédit Agricole Île-de-France Mécénat. Cette aide est très utile pour le financement de mes déplacements entre mes différents lieux d'activité, ainsi que pour la réalisation de stages d'entraînement qui peuvent être coûteux. Au-delà de cet aspect, c'est motivant de savoir que l'on m'encourage dans mon projet olympique !

Que représentent les Jeux Olympiques de Paris pour vous ?
Y.M. : 
Cela représente énormément ! C’est une compétition prestigieuse, le rêve de tous sportifs. Aussi, le fait qu'ils se déroulent en France en 2024 est exceptionnel, c'est une opportunité unique de représenter son pays à domicile. Je vais faire en sorte de rester concentré sur ce que je sais faire afin de montrer le meilleur de moi-même.

Comment vous y préparez-vous ? 
 Y.M. : La préparation se fait à la fois via les entraînements, mais aussi avec une hygiène de vie qui doit être exemplaire. Je ne bois ni sodas ni boissons alcoolisées, je fais attention à ce que je mange (sans pour autant me priver de tout), et je veille à mon sommeil. Je consulte aussi régulièrement un kinésithérapeute.
La préparation ne se limite pas aux derniers jours avant une compétition. Elle commence dès maintenant en instaurant un bon équilibre entre mes entraînements, mes études qui me semblent essentielles, et ma vie sociale.

Quels sont vos objectifs pour ces JO ?
Y.M. :
Ils ne sont pas encore définis, mais il est clair que je veux donner tout ce que j'ai, en étant dans la meilleure forme possible. Je n'y vais pas pour faire de la figuration... et je compte bien me qualifier pour la finale !

Avez-vous un objet porte-bonheur que vous apportez lors des compétitions ?
Y.M. : 
Je ne sais pas s’il est porte-bonheur, mais je porte toujours un bracelet du Kenya que j'ai acheté lors des Championnats du Monde juniors d’athlétisme qui ont eu lieu là-bas en 2021.

Avez-vous un rituel avant chaque compétition ?
Y.M. : 
Lorsque j'entre en piste, je me mets dans une bulle et je m'adresse à moi-même pour me motiver et faire monter l'adrénaline.

Quel est votre souvenir le plus marquant lors d'une compétition ?
Y.M. : 
Jusqu'à présent, mon souvenir le plus mémorable reste mon titre de champion d'Europe U23 acquis cet été en Finlande. J'ai en plus partagé le podium avec l'un de mes meilleurs amis, qui a fini troisième. C'était tout simplement magique !


Photographie © Mathieu Génon

Palmarès notable

2023

  • Médaille d'or - Championnats d'Europe U23  (moins de 23 ans)  
  • Médaille d'argent - Bruxelles Belgacom Memorial van Damme    

2022

  • Médaille d'or - Meeting International Athlétisme Montgeron-Essonne   

2021

  • Médaille de bronze  - Championnats d'Europe U20 (moins de 20 ans)