Najate Ait-Ali,  post-doctorante à l’Institut de la Vision et lauréate du Prix L’Oréal-Unesco

Najate Ait-Ali

Post-doctorante à l’Institut de la Vision et lauréate du Prix L’Oréal-Unesco

Je suis ravie d’avoir obtenu le prix L’Oréal-Unesco car il fait mentir les préjugés que j’ai pu entendre sur mon parcours de formation

Post-doctorante à l’Institut de la Vision, Najate Ait-Ali fait partie des 35 lauréates du Prix Jeunes Talents France L’Oréal-Unesco. Pour cette chercheuse d'origine marocaine de 39 ans, ce prix est à la fois une reconnaissance de dix ans de travail et un espoir de faire changer les mentalités sur les carrières scientifiques.

« Je cumule les handicaps : je suis une femme, d'origine maghrébine et au cursus atypique, plaisante la lauréate. Je suis ravie d’avoir obtenu le prix L’Oréal-Unesco car il fait mentir les préjugés que j’ai pu entendre sur mon parcours de formation ». Ce parcours, pourtant, ne laisse rien au hasard. Fille d’immigré ouvrier, Najate Ait-Ali l’a construit avec beaucoup de détermination. Intéressée très tôt par la génétique, elle suit un DEUG en biologie à l’université d’Évry-Val-d’Essonne. « C’était à la fin des années 90, à l'époque des premiers travaux sur l'ADN, du séquençage du génome et des tout débuts de la thérapie génique. L’université d’Evry était à la pointe dans ce domaine », se souvient la chercheuse.

Elle intègre ensuite le tout premier diplôme universitaire de génétique appliquée, une formation en alternance très sélective qui lui permet d'obtenir le titre de technicienne supérieure de laboratoire. Son titre en poche et pressée de mettre en application ces connaissances, la jeune femme décide d’arrêter ses études. « Peut-être qu'inconsciemment je me disais que les longues études n’étaient pas pour les filles et qu’il était difficile de concilier une vie de famille en parallèle. J'étais pré-formatée sans m'en rendre compte », confie-t-elle.

Gravir les échelons un à un

Après une courte expérience de secrétaire médicale qui lui permet de découvrir le monde hospitalier, la jeune technicienne est recrutée au Genopole d’Evry. Durant un an, elle parfait son expertise en biologie moléculaire et biotechnologies dans la banque d’ADN, avant de rejoindre, en 2004, l’hôpital Saint-Antoine. Là, elle intègre, en tant qu’assistante ingénieure, une équipe qui fera partie du futur Institut de la Vision. Dans ce laboratoire qu’elle ne quittera plus, elle se consacre à des travaux sur les rétinites pigmentaires : des dégénérescences rétiniennes héréditaires et cécitantes qui concernent plus de deux millions de personnes dans le monde.

Encouragée par son chef d’équipe, Thierry Léveillard, elle s’inscrit à l’École pratique des hautes études et obtient, en 2011, un diplôme d'ingénieur d'études. Elle se voit alors confier son propre projet de recherche qu’elle développe en parallèle de son travail. Son objectif : comprendre les mécanismes d’une protéine essentielle à l’acuité visuelle. Ce travail fait l’objet de sa première publication dans la prestigieuse revue scientifique américaine Cell.

Forte de cette expérience, et poussée par sa ténacité et sa curiosité, l’ingénieure veut aller plus loin et compléter son expertise technique par une thèse. Dix ans après son intégration dans l’équipe, elle s’inscrit en doctorat à Sorbonne Université où elle développe un projet visant à comprendre des mécanismes moléculaires dont l’utilisation pourrait aider à soigner les patients atteints de rétinite pigmentaire. Et parce qu’un seul projet ne suffit pas à tarir sa soif de travailler, Najate Ait-Ali en développe deux autres en parallèle : l’un avec l’université de Californie (UCLA) et l’autre avec l’université de Californie du Sud (UCS) à Los Angeles où elle s‘est rendue deux fois.

Après avoir soutenu sa thèse en avril 2018 et validé un diplôme de recherche translationnelle, l’ingénieure d’études de Sorbonne Université entame un post-doctorat. Son ambition : passer de la recherche fondamentale à la recherche médicale et contribuer à trouver un traitement pour empêcher que les patients atteints de dégénérescence héréditaire de la rétine ne deviennent aveugles. C’est ce projet qu’elle a défendu pour le prix Jeunes Talents L'Oréal-Unesco.

Il existe d'autres voies que la voie royale

Après dix ans de travail à l’Institut de la Vision, Najate est fière de son parcours jugé par certains comme atypique. « Si j’avais à choisir je ne le changerais pas car il m’a apporté des compétences que je n’aurais jamais acquises dans un parcours classique. Bien sûr, c’est pénible de devoir encore justifier le fait que je n'ai pas suivi la voie royale. Mais c'est peut-être ça aussi qui m'a permis de me dépasser et de prouver que je pouvais réussir. C'est un kérosène qui donne envie de se dépasser. »

Cette énergie, elle la puise aussi dans le soutien de José-Alain sahel, le directeur de l’Institut de la Vision : « Il m’a toujours encouragée et conseillée. Et je le remercie, ainsi que Thierry Léveillard, d’avoir cru en moi tout au long de ces années. Avoir le soutien de ses pairs et des experts du domaine, c'est très encourageant ; cela confirme que l'on est dans la bonne voie ».

Aujourd’hui, Najate Ait-Ali continue de tracer sa voie : elle prépare les concours de chercheuse à l'Inserm et au CNRS. Indépendamment du stéréotype de genre, elle espère que l’obtention du prix L’Oréal-Unesco aidera à faire changer les mentalités sur les parcours « atypiques ». En attendant, elle encourage toutes les jeunes femmes qui souhaitent se lancer dans le monde de la recherche à croire en leurs capacités et à dépasser les préjugés : « Si l’envie est là, il faut foncer, conclut-elle. C’est un travail qui demande beaucoup d’efforts, des sacrifices parfois, mais qui procure une immense satisfaction quand les projets aboutissent et guérissent des patients »

Crédits photographiques : Fondation L'Oréal

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