Anouk Barberousse

Anouk Barberousse

Une philosophe au service de la "bonne science"

Le petit plus de l’intégrité scientifique, c’est l’incitation à la vigilance.

Parmi les activités discrètes qui participent à la renommée internationale des universités françaises, il en est une dont le rôle est crucial. Rencontre avec la déléguée à l’intégrité scientifique de Sorbonne Université.

L’intégrité est un des piliers de la recherche scientifique, tant au niveau des pratiques que de la validité des résultats. Traité jusque-là par des commissions internes aux établissements de recherche, le sujet est depuis une dizaine d’années l’apanage de personnels dédiés. Sorbonne Université a été parmi les premières structures à désigner une déléguée à l’intégrité scientifique.

De la sagesse des sciences

Aujourd’hui âgée de 51 ans, Anouk a suivi des études littéraires en classe préparatoire à Paris. Elle qui pensait s’orienter vers l’histoire découvre la philosophie des sciences à l’Université Paris Nanterre. Une révélation qui déterminera tous ses choix professionnels. Elle décide alors de suivre en parallèle une formation en physique statistique pour en aborder les questions philosophiques, thème de la thèse qu’elle soutient en 1998. « Ce travail m’a conduite à explorer la notion même de théorie scientifique », précise la philosophe.

Pendant sa thèse, elle enseigne à Nanterre, puis à l’école Normale Supérieure. En 2000, elle est recrutée par le CNRS et intègre l’UMR REHSEIS1, puis l’IHPST2, en 2004, où elle forme, pendant près de 10 ans, des doctorants et des étudiants en master d’informatique à Jussieu. Son premier contact avec le campus parisien. Puis elle obtient l’habilitation à diriger des recherches et est élue professeure d’histoire de la physique à l’Université de Lille. Durant cette période, elle se forme aussi à la biologie de l’évolution et aux transformations de la théorie éponyme durant le XXe siècle. Grand écart scientifique ? « En fait non, s’amuse-t-elle. Ma première interrogation dans ce domaine était de savoir si la théorie de l’évolution est une théorie scientifique comme les autres. Pour moi, c’est le cas, en particulier dans sa dimension explicative. »

En 2015, un poste se libère à l’UFR de philosophie de Sorbonne Université, dans le laboratoire Sciences, Normes, Décision. Anouk saisit l’opportunité. Elle prend les rênes de ce petit laboratoire CNRS et réussit à renouer l’association avec le grand établissement de recherche. C’est maintenant une UMR à part entière, à cheval sur la philosophie des sciences et la philosophie morale et politique. « De fil en aiguille, j’ai abordé des sujets de plus en plus appliqués et politiques, explique la philosophe des sciences. De la physique statistique, je suis allée vers la philosophie des systèmes complexes, puis des simulations numériques », celles des modèles climatiques du GIEC3 et des données sur la biodiversité de l’IPBES4 notamment.

Former à la bonne science

À l’été 2018, le président de Sorbonne Université et la vice-présidente à la recherche et à l’innovation choisissent Anouk pour endosser le costume de référente intégrité scientifique de l’université, une fonction indépendante entièrement tournée vers la recherche. Elle prend le temps d’y réfléchir, plusieurs affaires de fraude scientifique ayant éclaté en France cette année-là. Ils ne sont alors que quatre attachés à cette mission en France – contre plus de 130 aujourd’hui. Elle est nommée le 1er septembre. « Ce qui m’a attirée n’était pas tant le traitement des signalements de manquement à l’intégrité scientifique que la dimension de sensibilisation et de réflexion sur les pratiques de la recherche, à la prise de conscience des dérives potentielles, explique-t-elle. C’est dans la continuité de mon activité. »

De sa mission, elle voit d’abord ce versant positif de promotion des bonnes pratiques de recherche – « la bonne science » –, basée sur la sensibilisation et la formation de tous les personnels de l’université producteurs de connaissance. Avec le comité pour l’intégrité scientifique de l’université, elle réfléchit aussi à des actions dédiées aux licences et masters. Car plus que d’intégrité, c’est de culture de l’intégrité scientifique dont il est désormais question à Sorbonne Université. « C’est une démarche collective qui ne se contente pas de produire de la réglementation mais vise plutôt à aller dans les labos pour discuter avec les scientifiques afin d’améliorer les pratiques », insiste la chercheuse. Alors certes, il y a un revers à la médaille. Allégations de plagiat, querelles sur l’ordre des auteurs dans les articles. Enquêtes et dialogues avec les protagonistes lui prennent le plus clair de son temps. Et le premier confinement n’a rien arrangé. Le règlement des litiges prend rarement moins de 4 mois. « Le but est d’avoir l’avis le plus juste possible mais la décision finale revient au président de l’université », explique Anouk. Pour elle, la relation de confiance réciproque avec le président est primordiale. «Le petit plus de l’intégrité scientifique dans sa dimension de sensibilisation, c’est vraiment l’incitation à la vigilance ». 


 1 Recherches Épistémologiques et Historiques sur les Sciences Exactes et les Institutions Scientifiques, devenue SPHERE (Sciences, Philosophie, Histoire) en 2009

2 Institut d’Histoire et de Philosophie des Sciences et des Techniques

Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat

Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques 

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