Anais Abramian - Crédit photo : Jean-Charles Caslot

Anaïs Abramian

Physicienne et lauréate du prix Jeune talent L’Oréal-Unesco pour les femmes et la science

Tout le monde est d’accord pour dire que les femmes ont leur place en science mais elles sont pourtant moins présentes aux postes les plus hauts placés

Anaïs Abramian est devenue une spécialiste de la physique des catastrophes naturelles. En prise avec l’actualité climatique, ses travaux sont récompensés par la Fondation L’Oréal-Unesco pour les femmes et la science.

Les cataclysmes seront plus nombreux à mesure que notre planète se réchauffe. Modéliser les phénomènes physiques qui en sont à l’origine pour mieux en prévoir les risques, c’est le quotidien d’Anaïs Abramian, post-doctorante à l’Institut Jean le Rond d’Alembert.

Enseignante ou chercheuse ?

Anaïs Abramian naît en 1991 et grandit dans le  VIe arrondissement de Lyon. Ses parents encouragent leurs deux filles à poursuivre des études supérieures. « Il n’y avait pas de chercheur dans la famille mais peut-être une curiosité pour les sciences, surtout du côté de ma mère. » Elle aime les sciences, obtient sans difficulté un baccalauréat S en 2009 et intègre les classes préparatoires aux grandes écoles « sans trop [se] poser de questions ». La physique lui trotte déjà dans la tête. Un professeur va lui transmettre sa passion.

L’enseignement de la physique est ce qui l’intéresse en premier lieu. Elle entre donc à l’École normale supérieure (ENS) de Lyon, en 2011, où un monde nouveau s’ouvre à elle. « Nous étions vivement incités à effectuer des stages en physique expérimentale, c’est comme cela que j’ai découvert le monde de la recherche. » Durant ses quatre années à l’ENS, elle effectue, en effet, un stage en astrophysique à l’Université d’Aix-Marseille, puis part pour l’Université de New York et revient en France, à l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP), pour approfondir la mécanique des fluides et se spécialiser dans la modélisation des phénomènes naturels, notamment géologiques. En troisième année, elle obtient l’agrégation de physique, le prestigieux sésame pour enseigner. Mais c’est lors de son stage à l’IPGP qu’elle rencontre Éric Lajeunesse et Olivier Devauchelle, qui deviendront ses directeurs de thèse. « Ce sont eux qui m’ont transmis leur enthousiasme pour le métier de chercheur et qui m’ont motivée à poursuivre dans le milieu académique. »

Et au milieu coule une rivière

Sa thèse, Anaïs Abramian la débute en 2015, à l’IPGP, sur l’auto-organisation du transport de sédiments dans les rivières alluviales. « Mon approche consistait à reproduire des rivières au laboratoire en contrôlant les paramètres tels que le débit d’eau ou de sédiments pour en révéler les mécanismes fondamentaux. » Elle montre ainsi que la dynamique du transport des sédiments est un facteur essentiel de la morphologie des rivières, qu’elles forment un unique chenal ou des tresses.

En 2019, thèse en poche, après deux séjours de recherche à l’Université Harvard puis à l’Université de Cambridge, elle rejoint l’Institut Jean Le Rond d’Alembert de Sorbonne Université. Elle y travaille toujours sur les milieux granulaires comme le sable ou les galets, qui représentent 80 % de la surface de notre planète (fonds marins, sols, plaines alluviales, déserts…), mais s’intéresse particulièrement aux glissements de terrain. « La plupart des phénomènes naturels mettent en jeu un mélange de sable et d’eau qui induit des forces de cohésion entre les grains. C’est ce qui se passe dans un glissement de terrain, un sol cohésif qui s’effondre. Mieux modéliser ce type d’écoulement permettrait de prédire les catastrophes naturelles et d’améliorer l’aménagement du territoire. » Mais pas que. Ses travaux trouvent des applications industrielles dans les domaines pharmaceutique, agroalimentaire et de la construction, où poudres et milieux granulaires sont nombreux.

Coup de pouce

À 30 ans, Anaïs Abramian rêve de décrocher un poste de chargée de recherche ou de maître de conférences. « Je ne suis pas du genre à me décourager mais c’est difficile lorsque l’on voit beaucoup de gens brillants quitter la recherche à cause du manque de postes. » Pour elle, le prix Jeune talent de la Fondation L’Oréal-UNESCO tombe à pic. « C’est une belle reconnaissance de mes travaux. Je le reçois à un moment où concilier vies professionnelle et personnelle devient difficile. Cela me motive à poursuivre mes efforts pour obtenir un poste permanent. »

Et puis il y a ces formations que la Fondation offre aux lauréates, en particulier sur le sexisme ordinaire. « Tout le monde est d’accord pour dire que les femmes ont leur place en science mais elles sont pourtant moins présentes aux postes les plus hauts placés. Il faut faire attention à ce que l’on appelle le sexisme bienveillant, qui contribue aussi à remettre en question nos compétences. Cette formation m’a fait comprendre que ce n’était pas quelque chose d’anodin. »

Et la jeune femme de conclure : « Aujourd’hui, certaines femmes accèdent à de hautes responsabilités mais ce n’est pas encore le cas de la plupart des femmes. Par chance, j’ai toujours été bien entourée mais il faut être vigilant·e pas seulement, pour soi mais aussi pour les autres. »

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