Un nouvel espoir pour les maladies de la vision
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Un nouvel espoir pour les maladies de la vision

Olivier Goureau, directeur de recherche à l’Institut de la Vision, a reçu le Prix La Recherche – catégorie Santé, avec Christelle Montville, chercheuse au laboratoire I-Stem . Ce prix récompense les travaux des chercheurs qui ont réussi à améliorer la vision de rats atteints de rétinite pigmentaire grâce à la greffe d’un patch cellulaire obtenu à partir de cellules souches embryonnaires humaines.

Cette avancée inédite ouvre la voie à la thérapie cellulaire des rétinites pigmentaires d’origine génétique, mais aussi de maladies dégénératives de la rétine plus fréquentes comme certaines formes de dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) dont souffrent plus d'un million et demi de personnes en France.

Des cellules indispensables à la vision

Organe clé de la vision, la rétine contient les cellules photoréceptrices (cônes et bâtonnets) qui captent la lumière, puis la transforment en signal électrique. Cette information est ensuite transmise aux cellules ganglionnaires puis envoyée par le nerf optique au cerveau afin d’être décodée.

Anatomie de la rétine

Le bon fonctionnement de ces photorécepteurs, à l’origine de la vision, est notamment assuré par les cellules de l’épithélium pigmentaire de la rétine (EPR). Ces cellules EPR, qui font face aux photorécepteurs, ont un rôle fondamental. Elles absorbent le surplus de rayons lumineux, apportent les nutriments nécessaires aux photorécepteurs et éliminent, par un mécanisme appelé phagocytose, les débris qu’ils produisent.

 « Dans de nombreuses pathologies rétiniennes, dont certaines rétinites pigmentaires, ces cellules de l’EPR dysfonctionnent, entraînant à terme la mort des photorécepteurs et la cécité », explique Olivier Goureau.

Un « patch » constitué de cellules souches greffé sous la rétine

Pour soigner ces maladies aujourd’hui incurables, plusieurs équipes de recherche, notamment américaines, ont eu l’idée de s’appuyer sur les avancées des cellules souches pour fabriquer puis transplanter de nouvelles cellules EPR. Dans la plupart de ces études, les chercheurs injectent ces nouvelles cellules en suspension (les cellules sont séparées les unes des autres). Or la survie de ces cellules en suspension est limitée et leur intégration sous la rétine n’est pas optimale.

Pour pallier ce problème, les chercheurs de l’Institut de la Vision et d’I-Stem ont choisi de transplanter un tissu épithélial déjà organisé et fonctionnel, capable d’éliminer, in vitro, des débris de photorécepteurs et de sécréter des protéines pour les nourrir.

Dans cette optique, les chercheurs ont utilisé des cellules souches embryonnaires humaines pluripotentes qui ont la particularité de proliférer indéfiniment tout en maintenant leur capacité à se différencier en tous types de cellules. Grâce à des techniques de culture cellulaire, les scientifiques ont différencié ces cellules souches en cellules EPR qu’ils ont laissé maturer pendant plusieurs semaines.

« L’originalité de nos travaux a été d’ensemencer ces nouvelles cellules EPR sur une membrane amniotique humaine, déjà utilisée en thérapie cellulaire, de façon à ce qu’elles forment un épithélium fonctionnel. Nous avons mis en place un procédé de grade clinique, c'est-à-dire tout de suite adaptable à la thérapie cellulaire chez l’homme », souligne le chercheur.  

Maintenu dans une couche de gélatine, ce patch cellulaire a enfin été injecté et transplanté sous la rétine de rats atteints de rétinite pigmentaire.  

Un essai clinique ouvre la voie à la thérapie cellulaire des pathologies rétiniennes

Bien meilleurs que ceux observés avec le traitement des cellules en suspension, les résultats obtenus par les chercheurs de l’Institut de la Vision et d’ I-Stem constituent un véritable espoir pour les personnes atteintes de rétinite pigmentaire touchant l’EPR. 

« Après 10 à 12 semaines de la transplantation, nous avons observé que les rats avaient de meilleures performances visuelles ainsi qu’une préservation accrue du nombre de photorécepteurs dans la zone de greffe », indique Olivier Goureau.

Après avoir validé la sécurité du geste chirurgical chez des animaux possédant des yeux anatomiquement proches de l’œil humain, l’équipe a reçu l’autorisation de démarrer un essai clinique chez une douzaine de patients à l’hôpital des Quinze-Vingts. Dans un premier temps, ils devront montrer l’innocuité du traitement avant de prouver son efficacité chez l’homme.

 « Nous espérons pouvoir traiter les premiers patients atteints de rétinite pigmentaire ayant pour origine un dysfonctionnement de l’EPR, au cours de l’année 2019 », conclut le chercheur.

Il s’agit du premier essai de thérapie cellulaire pour des maladies de la vision en France.


Institut de la vision - Sorbonne Université, Inserm, CNRS

I-Stem - AFMTéléthon, Inserm, université d’Évry

La rétinite pigmentaire est une maladie rare qui se traduit par la dégénérescence de certaines cellules de la rétine, comme les photorécepteurs ou les cellules de l’épithélium rétinien. A terme, leur destruction conduit à une cécité. Pour le moment incurable, cette maladie est le plus souvent due à des mutations dans certains gènes essentiels au bon fonctionnement de ces cellules.

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