One health

One Health, une vision sanitaire globale au cœur du partenariat avec l’Université de Lomé

En mai dernier, Sorbonne Université et l’Université de Lomé se sont associées pour lancer un programme de formation et de recherche dédié à l’émergence infectieuse.

Renaud Parrioux

Co-porteur du projet avec son homologue togolais, le professeur Didier Ekouevi, Renaud Piarroux, professeur de parasitologie et de mycologie à Sorbonne Université, revient sur la vision « One Health », une seule santé, dans laquelle s’inscrit ce partenariat.

Que recouvre le concept One Health promue par l’Organisation mondiale de la santé ?

Renaud Piarroux : Le concept existe depuis déjà de nombreuses années, mais avec la pandémie, les problèmes de réchauffement climatique, de biodiversité, etc., cette approche intégrée est devenue incontournable. L’idée qui la soutient est que les êtres humains ne sont pas à l'écart de tout ce qui est vivant sur Terre : notre santé est intimement liée à la santé animale et végétale et plus globalement à la santé de la planète. Nous devons donc traiter l’ensemble de ces questions sanitaires de façon transdisciplinaire, sans mettre d'un côté les médecins, d’un autre les agronomes, d’un autre encore les vétérinaires, les économistes, les géographes, etc.

Quels sont ses enjeux ?

R. P. : Les enjeux sont nombreux. Citons notamment le cas des maladies infectieuses. Il y a un lien étroit entre la survenue de ces maladies et ce qui se passe dans l'environnement, dans les règnes végétal et animal. Par exemple, la diffusion des maladies virales transmises par des moustiques, comme la dengue ou le chikungunya, est directement liée à la prolifération des moustiques vecteurs, qui dépend elle-même de la pollution environnementale (présence de boîtes de conserve, sacs plastiques, etc., pouvant contenir de l'eau dans notre environnement péri-domestique). Elle est aussi liée au commerce des pneus qui voyagent par bateau et amènent avec eux les œufs de ces moustiques. Et les exemples comme celui-ci sont pléthore.

Autre enjeu majeur : la résistance aux antibiotiques. Sur la Terre, nous dépendons tous les uns des autres,  un  problème sanitaire à un endroit peut avoir des conséquences sur l’ensemble du monde. Prenons l’exemple du marché noir des antibiotiques qui existe dans de nombreux pays défavorisés. Vendus sous-dosés ou proposés dans des traitements qui ne sont pas optimaux, ces antibiotiques de contrefaçon sont à l’origine d’une sélection de germes qui deviennent de plus en plus résistants. Ces germes vont ensuite se diffuser au reste du monde à travers les voyages. Ce problème est d’autant plus grave que l’on ne créé plus aujourd’hui de nouveaux antibiotiques qui permettraient de les contrer.

À Sorbonne Université, vos recherches s’inscrivent au quotidien dans cette approche One Health, n’est-ce pas ?

R. P. : En tant que professeur de parasitologie et de mycologie, envisager les maladies parasitaires et fongiques de manière globale fait partie de l’ADN de mon travail. Au sein d’un environnement donné, les parasites se déplacent constamment d’un hôte à un autre. On ne peut concevoir la lutte contre le paludisme qu'en tenant compte de l'environnement dans lequel on attrape cette maladie, des moustiques qui y vivent et de leur comportement.

L’une de mes missions est d'identifier les parasites ou les champignons et de faire le lien avec l’agronomie, la médecine vétérinaire, la médecine humaine, etc. Avec l’approche « One Health », l'idée est aussi d'impliquer des géographes, des entomologistes, des microbiologistes, des médecins, des spécialistes de santé publique, etc. Et cela, de façon transdisciplinaire. Par exemple, je travaille beaucoup sur l’épidémiologie du choléra, qui est une maladie liée à l'eau, et j’utilise, dans ce cadre, des outils issus de la géographie, de l’écologie et de la sociologie dans mes recherches.

Pourquoi mettre en place aujourd’hui une collaboration avec l’Université de Lomé ?

R. P. : Cette initiative est issue d’une réflexion animée par la vice-présidence Développement international de Sorbonne Université, pour s’engager dans un partenariat stratégique avec un pays d’Afrique de l’Ouest sur un thème couvrant les grands enjeux sociétaux. Elle s’est construite progressivement au sein du groupe international de l’Alliance Sorbonne Université pour aboutir à cette proposition début 2020. La thématique « One Health », tout comme la thématique « One Earth », autour de la transition environnementale, et « One Humanity », autour des populations, va contribuer à forger l'identité de Sorbonne Université dans les dix prochaines années. Dans ce contexte, il était intéressant de développer un partenariat avec une université située en zone intertropicale qui connaît bien la problématique des maladies émergentes et infectieuses.

Avec l’Université de Lomé au Togo, il s’agira de comprendre comment émergent des épidémies en considérant la santé dans un aspect global qui concerne à la fois l'environnement, les zoonoses (maladies des animaux transmissibles à l'homme) et les maladies humaines. Un tel partenariat aura un impact majeur, allant bien au-delà des deux universités.

Quelle forme va prendre cette collaboration ?

R. P. : Nous sommes en train d’en définir les contours. Nous envisageons de créer, avec l’Université de Lomé, des formations en partie partagées autour des concepts "une seule santé" et "émergence infectieuse". Cela se fera dans une approche nécessairement pluridisciplinaire, à l’échelle des trois facultés de Sorbonne Université, mais aussi de l’Alliance avec notamment la collaboration du Muséum national d’Histoire naturelle et de l’Inserm.  

Les formations prendront probablement la forme d’un diplôme interuniversitaire, avec une participation croisée à des enseignements, et à plus longue échéance d’un parcours de master et de doctorat. L’objectif est de former de futurs acteurs de la santé publique issus de la médecine, des sciences ou des lettres. L’Université de Lomé vise notamment à former des professionnels qui pourront intervenir dans la lutte contre les maladies, l’administration de la santé ou encore réaliser des campagnes de prélèvement et des analyses environnementales (capture de moustique, surveillance des eaux usées, identification des bactéries résistantes, etc.).

Côté recherche, nous avons déjà plusieurs pistes de travail prometteuses que l'on pourrait approfondir conjointement avec l’Université de Lomé, autour du paludisme, de la Covid, des bactéries multirésistantes et des arboviroses (des virus transmis par les arthropodes). Nous envisageons également de participer à la mise à niveau technologique de l’Université de Lomé, ce qui facilitera la réalisation d’un certain nombre de travaux en commun.

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