Henri de Lacaze-Duthiers, savant naturaliste
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Henri de Lacaze-Duthiers, savant naturaliste

On le connaît pour avoir créé les stations marines de Roscoff et Banyuls-sur-Mer (qui a d’ailleurs célébré cette année le bicentenaire de sa naissance). Mais Henri de Lacaze-Duthiers était aussi et surtout professeur, anatomiste, zoologiste et biologiste. Portrait de cet éminent scientifique français.

Né en 1821 dans le Lot-et-Garonne, Henri de Lacaze-Duthiers est le fils du descendant d'une vieille famille gasconne, le baron de Lacaze-Duthiers. Après ses études secondaires, il décide de quitter sa région natale pour entreprendre des études de médecine et de sciences naturelles à Paris, et ce, contre l’avis de son père qui le prive alors de ressources. Pour subvenir à ses besoins, il devient alors préparateur du professeur Milne-Edwards, précurseur de l’observation sur le terrain et premier savant à utiliser le scaphandre. Il passe ensuite brillamment une thèse de médecine en 1851.

Quelques mois plus tard, en 1852, arrive au pouvoir Napoléon III auquel sont tenus de prêter serment les fonctionnaires. Henri de Lacaze-Duthiers, répétiteur de zootechnie à l'Institut agronomique de Versailles, ne l’entend pas de cette oreille et refuse catégoriquement. Il perd son emploi. Cette sanction sera à l’origine de sa vocation de zoologiste marin.

Un voyage formateur

Au milieu des années 1850, le naturaliste effectue un voyage aux Baléares qui va le transformer. Il commence dès lors un fastidieux travail sur les mollusques acéphales et les anomies à la coquille nacrée. Il raconte dans l’un de ses journaux : « Je pus aisément faire un travail d'assez longue haleine sur les organes génitaux des Acéphales; j'eus des Anomies en assez grande quantité pour en étudier toutes les anomalies ; les huîtres petites et dentelées formaient des bancs presque à fleur d'eau qui me permirent d'en étudier le développement ». Cette même période, il poursuit ses recherches sur les espèces de mollusques en France, sur les côtes bretonnes, et plus précisément à Saint-Jacul-de-la-Mer. C'est là son premier contact avec la région de Roscoff. « J’ai enfin trouvé une localité où les sujets de travail abondent », relate-t-il.

De retour dans la capitale, il devient professeur de zoologie à la faculté des sciences de Lille aux côtés de Louis Pasteur, alors doyen.

En 1858, il se lance dans l’étude du corail et publie un livre sur le sujet (Histoire naturelle du corail) qui consacre sa réputation de naturaliste.
Tout s’enchaîne ensuite : il devient maître de conférences à l'École normale supérieure, professeur au Muséum national d'Histoire naturelle, et prend la tête de la chaire de zoologie, d'anatomie et de physiologie comparées à La Sorbonne. Il y enseignera trente-deux ans durant.

La création des stations marines de Roscoff et Banyuls

Les années 1870-1880 marquent une étape importante dans la vie du savant. Il réalise alors deux chantiers qui lui tiennent à cœur : la création de deux laboratoires de zoologie marine, l'un à Roscoff en 1872 et l'autre à Banyuls-sur-Mer (alors appelé laboratoire Arago) en 1881.

L'idée d'installer une station à Roscoff apparaît dès 1869 mais la guerre va interrompre son projet. Il consacre toute son énergie à la réalisation de cet établissement qui débute modestement avec une simple maison, un petit bateau et deux matelots engagés pour la campagne du moment. « Trois séjours successifs à Roscoff, où il était allé d'abord en 1868, par hasard sur le conseil d’un libraire de la rue des Grès, lui avaient révélé dans cette grève encore inconnue le plus riche champ d’exploration, et comme un tableau presque complet de toute notre faune littorale océanique. Son idée première fût d’établir une sorte de station centrale; comme un centre d'approvisionnement plutôt qu'un laboratoire à proprement parler, d'où partiraient pendant la belle saison des sortes de caravanes scientifiques qui iraient explorer la côte dans un rayon de plus en plus étendu », peut-on lire dans Archives de zoologie expérimentale et générale, revue dont il est le fondateur.

Las des conditions climatiques bretonnes qui obligent les scientifiques à interrompre leurs recherches de nombreux mois dans l’année, Henri de Lacaze-Duthiers envisage la création d’une station dans le sud de la France. Ce sera à Banyuls où il réussit à obtenir le soutien de la ville qui lui offre alors un terrain et une rente annuelle de 500 francs comme il est fait mention dans Archives de zoologie expérimentale et générale : « La ville de Banyuls avait donné à elle seule 12,000 fr., le terrain, une rente de 500 francs pendant 20 ans et, par souscription de ses habitants, un grand bateau de pêche. »
Très attaché au laboratoire Arago et à la ville, il demande, dans son testament, à y reposer à proximité, face à la mer, et fait don du laboratoire à La Sorbonne.

A la fin des années 1890 et depuis lors, le laboratoire Arago et la station de Roscoff sont alors des lieux de riches rencontres entre les scientifiques notamment lors d'excursions zoologiques.

Auteur florissant

Henri de Lacaze-Duthiers a écrit plus de 250 publications scientifiques parmi les plus connus : Recherches sur l'armure génitale femelle des insectes, Paris, L. Martinet, 1853, Histoire de l’organisation, du développement, des mœurs et des rapports zoologiques du dentale (Paris, 1858), Histoire naturelle du corail, organisation, reproduction, pêche en Algérie, industrie et commerce (Paris, 1864) et Faune du Golfe du Lion : coralliaires, zoanthaires sclerodermés (Paris, 1897).

 

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