Zoi Kaisarli
Une doctorante grecque, passionnée pour la langue française
Le stand-up comedy valorise la langue en combinant l’humour et la rhétorique, et c’est un sujet original
Zoi Kaisarli est doctorante en 4e année dans l’école doctorale Concepts et langages (ED 433). Elle travaille sur le stand-up.
D’Athènes à Paris pour l’amour de la langue française
Son histoire avec la langue française commence très tôt : à 6 ans, Zoi voulait comprendre la « langue du secret », car ses parents parlaient le français quand ils ne souhaitaient pas que leurs enfants comprennent ce qu’ils disaient. Par la suite, elle est tombée amoureuse de la littérature française, des textes philosophiques. Au cours de sa licence de lettres modernes françaises à l’université d’Athènes, Zoi a bénéficié d’un séjour Erasmus pendant un semestre, ce qui l’a menée à Sorbonne Université. Cette expérience a été déterminante : Zoi a décidé de continuer en master et en thèse dans notre établissement. Quand nous lui posons la question « Pourquoi Sorbonne Université ? », la réponse est claire et rapide : la réputation académique, la qualité des enseignants et des archives. Et elle a choisi intentionnellement Sorbonne Université pour mettre en valeur la recherche sur un sujet qui était plutôt à la marge du domaine de la littérature : le stand-up.
Le stand-up comedy comme sujet original de recherche
Zoi nous le déclare : « Les planètes se sont alignées à la fin de mon Erasmus ». D’un côté, elle souhaitait s’occuper de rhétorique, de la langue orale, et d’un autre côté, elle était passionnée par le stand-up en tant que spectatrice. Pourquoi ne pas combiner les deux ? C’est ce que s’est dit Zoi, lors d’un échange avec Florence Mercier-Leca, spécialiste de l’humour, sa future directrice de master qui deviendra ensuite sa co-directrice de thèse. « Le stand-up comedy valorise la langue en combinant l’humour et la rhétorique, et c’est un sujet original », complète-t-elle. Zoi est encadrée à la fois par Florence Mercier-Leca et Mathilde Valespir qui, elle, est spécialiste de pragmatique. Actuellement en 4e année de thèse, Zoi a fini la rédaction du manuscrit qu’elle corrige à l’heure actuelle. La soutenance est prévue pour l’automne 2026.
Sa thèse s’intitule Le stand-up comedy en France contemporaine : analyse pragmatique et communicationnelle d’un discours évolutif. Le discours du stand-up est comique et cela se passe devant un vrai public. L’artiste raconte des histoires en essayant de faire rire le plus possible. Le travail de Zoi consiste en l’analyse de la performance. Elle étudie le mécanisme humoristique utilisé pour provoquer le rire, que ce soit le choix des mots, la syntaxe mais aussi le non-verbal, comment l’artiste utilise sa voix, ses gestes pour réussir à faire rire. Dans la rhétorique classique, le but est de persuader l’interlocuteur. Dans le cas du stand-up, c’est faire rire le public. Zoi observe les performances à la fois en présentiel et sur des vidéos. Elle nous précise que c’est la forme, et non les histoires, qui l’intéresse dans son étude, c’est pourquoi elle travaille sur une vingtaine d’artistes différents et plus de 300 vidéos, pour repérer ce qui est transversal dans les différentes versions du même genre.
L’expérience du séminaire « Comment inscrire sa recherche dans la société ? »
En décembre dernier, Zoi a participé au challenge Créativité et Innovation proposé par le Collège doctoral et Pépite Sorbonne Université. Ce challenge avait pour thème « Comment inscrire sa recherche dans la société ? ». Zoi en garde le souvenir d’une expérience particulièrement enrichissante. Elle l’a vécu comme une formation qui lui a permis d’acquérir de nouvelles compétences en communication, en valorisation de la recherche. Selon elle, le coté créatif était très intéressant. En groupe, les doctorants participants ont créé quelque chose qui n’existaient pas auparavant, donné forme à une idée. Ce challenge de deux jours a favorisé les échanges, véritables bols d’air frais pour certains doctorants qui travaillent dans un relatif isolement, chez eux ou en bibliothèque.
Un projet professionnel orienté vers le milieu culturel
Son projet professionnel est ouvert. En complément de l’enseignement qu’elle exerce déjà avec beaucoup d’enthousiasme, Zoi souhaite s’investir davantage dans le milieu culturel, notamment en dirigeant des projets liés au spectacle et aux pratiques artistiques. Idéalement, Zoi aimerait travailler dans des programmes du ministère de la Culture ou dans l’enseignement, mais toujours en liaison avec les projets culturels, la diffusion de la culture, y compris à l’étranger. Elle parle plusieurs langues. Or l’extérieur de la France, il existe des instituts français, des alliances françaises qui, outre l’enseignement de la langue, valorisent la culture française par la présentation de livres, de films, l’organisation d’évènements.