Portrait en laboratoire de Maria GIovanna de Pasquale

Maria Giovanna de Pasquale

Doctorante en physique et chimie des matériaux

Une thèse en cotutelle avec 4EU+ est une opportunité unique pour combiner les forces de deux universités et profiter d’un environnement véritablement interdisciplinaire.

Maria Giovanna de Pasquale est doctorante en physique et chimie des matériaux, inscrite conjointement à Sorbonne Université et à l’Université de Milan dans le cadre du programme de cotutelle doctorale de l’Alliance universitaire européenne 4EU+. Elle explique comment son parcours universitaire au sein de ce programme lui a ouvert de précieuses opportunités de collaboration internationale et de développement professionnel à travers l’Europe.

 

Deux grands yeux ont surgi de derrière l'ordinateur lorsque la porte du bureau de Maria Giovanna de Pasquale s'est ouverte. « Bonjour, c'est moi, Maria Giovanna! », en faisant signe de la main.

On ne s'attendrait pas à ce qu'une chercheuse de 27 ans ait autant voyagé ; pourtant, alors que la conversation s'est poursuivie dans la salle de pause pour passer en revue les questions, il apparaît clairement que la qualité des recherches menées par Maria Giovanna n'a d'égale que celle de la vie qu'elle a déjà menée.

Née en Sicile, Maria Giovanna a grandi avec une curiosité naturelle qui l’a amenée à se passionner pour les mathématiques et les sciences. Elle a étudié l’ingénierie biomédicale au Politecnico di Torino, et a enrichi ses connaissances grâce à un échange Erasmus à l’Université de Technologie de Compiègne. Elle a ensuite obtenu un master en génie biomédical au Politecnico di Torino. Dans le cadre de sa recherche d’un doctorat, elle a pris contact avec le professeur Philippe Guégan à Sorbonne Université, qui l’a encouragée à postuler au programme de cotutelle avec l’Alliance universitaire européenne 4EU+.

Le programme de cotutelle de doctorat 4EU+ : une opportunité unique

Cette opportunité unique pour les doctorants a permis à Maria Giovanna de poursuivre ses études doctorales dans deux grandes universités européennes : Sorbonne Université et l’Université de Milan. Les contrats de doctorat proposés par Sorbonne Université dans le cadre de l'Alliance universitaire européenne 4EU+ reposent sur une cotutelle internationale, et mis en œuvre dans le cadre d'accords internationaux de cotutelle, offrant ainsi à des doctorants comme Maria Giovanna la possibilité de bénéficier de conditions de formation doctorale avantageuses, d'un soutien financier, de possibilités de mobilité et d'un double diplôme. 

Maria Giovanna parle du programme de cotutelle 4EU+ avec un réel enthousiasme : « Cette expérience a été extrêmement enrichissante, tant sur le plan professionnel, en me permettant de mener des recherches approfondies sur mon sujet, que sur le plan personnel, en travaillant avec plusieurs équipes, dans différentes langues et sur des sujets variés. » Elle souligne l’aspect multiculturel de cette opportunité, notant que son partenaire de laboratoire à Milan est russe mais qu’ils travaillent ensemble en anglais. Son travail s’étend à travers les langues au sein du laboratoire de Sorbonne Université, où elle enseigne en français mais rédige sa thèse en anglais. 

Maria Giovanna poursuit en décrivant l’objet de sa recherche doctorale avec clarté et enthousiasme, traduisant avec soin des idées complexes en termes accessibles. Son projet, explique-t-elle, se situe à la croisée de la chimie, de la physique et de la biologie. Les recherches de Maria Giovanna visent à concevoir des polymères capables de transporter du matériel génétique à l’intérieur du corps. Ces matériaux sont transformés en nanoparticules, des structures suffisamment petites pour interagir directement avec les cellules. Cette technologie explore de nouvelles possibilités dans le domaine des applications biomédicales ciblées.

Echantillons des polymers de Maria Giovanna de Pasquale

Ce qui ressort particulièrement, c'est la manière dont sa méthodologie bénéficie des atouts complémentaires des deux institutions. À Sorbonne Université, sous la direction du Professeur Philippe Guégan, Maria Giovanna a pu acquérir de solides bases en chimie des polymères au sein de l'équipe de recherche en chimie des polymères de l'Institut de chimie moléculaire de Paris (IPCM – Sorbonne Université/CNRS), où elle se consacre à la synthèse des polymères et à la caractérisation de leurs propriétés.

À Milan, son travail prend une autre dimension. Plongée dans un environnement axé sur la biophysique, sous la direction de la Professeure Valeria Rondelli dans le Département de biotechnologie médicale et de médecine translationnelle à l’Université de Milan, elle peut explorer le comportement de ces matériaux dans des conditions très proches de celles des systèmes vivants. Elle donne un exemple concret : après avoir constitué une bibliothèque de polymères à Paris, elle les a transformés en nanoparticules, puis a testé leur interaction avec des modèles de membranes complexes à Milan, en évaluant leur capacité à libérer de l’ADN plasmidique. Ces résultats interinstitutionnels, note-t-elle, ont joué un rôle déterminant dans le perfectionnement et l’optimisation de ses conceptions.

Tisser des liens universitaires grâce à la formation doctorale internationale 

Au-delà des laboratoires, l’expérience de Maria Giovanna au sein de l’Alliance 4EU+ lui a également ouvert les portes d’un réseau scientifique européen plus vaste. Grâce à une bourse de voyage supplémentaire, elle a pu rencontrer des collaboratrices et collaborateurs, renforcer des partenariats et accéder à des infrastructures de recherche à travers le continent. Elle se souvient de ses visites à l'Installation européenne de rayonnement synchrotron (ESRF) à Grenoble, où elle a procédé à la caractérisation physique de ses nanoparticules à l'aide des techniques de diffusion des rayons X aux petits angles (SAXS) et de diffusion des neutrons aux petits angles (SANS), ainsi qu'à l'installation de neutrons ISIS au Royaume-Uni, où elle a mené des expériences de réflectométrie sur des systèmes membranaires complexes. Ces expériences ont également contribué à sa participation à l’atelier BioMeTra 2025 à Milan, où son travail a été récompensé par le prix du meilleur poster.

Cependant, Maria Giovanna s’empresse de souligner que les avantages d’un tel parcours international ne sont pas uniquement académiques. Travailler au-delà des frontières, des langues et des cultures a également façonné son développement personnel. Avec un sourire, elle plaisante sur l'accueil très chaleureux qu'elle a reçu en Italie. Elle souligne ensuite, sur un ton plus sérieux, que cette expérience de mobilité lui a permis de monter un projet qui aboutira à un double diplôme en France et dans son pays d'origine (elle doit soutenir sa thèse en octobre prochain). Plus important encore, cela a renforcé sa capacité d’adaptation et sa sensibilité culturelle, des compétences qu’elle juge essentielles dans le monde de la recherche d’aujourd’hui.

Lorsqu’on lui demande quels conseils elle donnerait aux étudiantes et étudiants qui envisagent un doctorat en cotutelle au sein de l’Alliance 4EU+, Maria Giovanna répond avec enthousiasme : « Je leur dirais de se lancer ! » Elle décrit la cotutelle comme une occasion unique de combiner les atouts de deux universités, de travailler au sein d’équipes multiculturelles et de bénéficier d’une plateforme internationale. Tout en reconnaissant que l’expérience peut être exigeante, elle insiste sur le fait qu’elle est tout aussi enrichissante, offrant non seulement l’excellence académique, mais aussi un épanouissement personnel et professionnel inestimable, ainsi que des perspectives d’avenir prometteuses.

Pour conclure la conversation, on a demandé à Maria Giovanna quel était le facteur le plus motivant pour faire un doctorat en cotutelle. « Apprendre ! », répond-elle, les yeux brillants de cette belle curiosité, celle qui anime les universitaires du monde entier… « Apprendre ! », répète-t-elle.

L'Alliance européenne 4EU+

L’Alliance européenne 4EU+ réunit huit universités de recherche de premier plan : Charles de Prague (République tchèque), Heidelberg (Allemagne), Paris-Panthéon-Assas, Sorbonne Université, Copenhague (Danemark), Genève (Suisse), Milan (Italie) et Varsovie (Pologne). 

Une vision commune : créer une université européenne de recherche intensive. Ensemble, elles s’efforcent de construire un modèle novateur d'université européenne qui favorise la coopération en matière de formation, de recherche, d'innovation et de dissémination.

Saviez-vous que Sorbonne Université et l'Alliance européenne 4EU+ proposent actuellement quatre postes entièrement financés à de futurs doctorantes et doctorants ? Cliquez ici.

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