Louise Valentin

Louise Valentin

Doctorante en philosophie et escrimeuse

Comprendre l’habitation de l’intérieur est une façon renouvelée de comprendre comment l’homme habite le monde.

Louise Valentin est doctorante en philosophie dans l’école doctorale Concepts et langages et escrimeuse dans ses temps libres. Elle nous parle de son sujet avec passion et de son enthousiasme d’être doctorante à Sorbonne Université.

Un projet de longue date
A l’issue d’une classe préparatoire A/L au lycée Henri IV, Louise a été admise à l’EHESS dans le master Art, Littérature et Langage. Ayant besoin d’un apport plus spécifiquement philosophique, elle a, en parallèle, candidaté à Sorbonne Université et a été admise dans le master Esthétique et Philosophie de l’Art. Avec ces deux masters, elle a travaillé sur des sujets connexes : à l’EHESS, sur les rapports ontologiques et esthétiques entre les individus et leurs vêtements, et à Sorbonne Université sur l’intérieur des habitations chez les dandys dans la deuxième moitié du XIX ème siècle en France et au Royaume-Uni. Elle a rencontré sa directrice de thèse, Madame Talon-Hugon, pendant sa dernière année de master, alors que cette dernière menait elle-même, à ce moment-là, des recherches sur l’architecture et sur le paysage. La professeure a tout de suite accepté le sujet proposé. Louise a préparé le concours de l’école doctorale et a obtenu un contrat doctoral. Elle concrétisait enfin son rêve, depuis l’école primaire, de faire un doctorat.

La philosophie de l’Art pour passion
L’objectif de son sujet « L’empire de l’intérieur. Habitation et vie psychique » est de comprendre les rapports qu’entretiennent les individus avec leur lieu d’habitation et plus largement de questionner les effets des objets sur les individus. Selon Louise, comprendre l’habitation de l’intérieur est une façon renouvelée de comprendre comment l’homme habite le monde. Louise explique que les philosophes – comme Hegel, Schopenhauer, Ruskin -  se sont beaucoup intéressés à l’architecture selon son extériorité et son caractère monumental. La démarche de Louise est de commencer par l’intérieur de l’habitation, de partir de l’individu et d’aller ensuite vers l’extérieur. Elle est convaincue que si nous comprenons comment nous vivons à l’intérieur, quels rapports nous entretenons avec les objets, comment cet intérieur a une influence sur nous, nous pourrons développer des habitations qui sont plus à la mesure de l’homme, plus adaptées, à ce que nous voulons faire du monde dans lequel nous vivons. Sa position dans la thèse est de dire que les objets sont actifs. Cela remet ainsi en question les dualités philosophiques classiques sujet/objet et animé/inanimé. L’objet en lui-même a une action sur l’individu qui est liée à sa forme, à son apparence. La philosophie de l’Art rappelle que les apparences ne sont pas que superficielles. La forme in-forme, c’est à dire qu’elle est capable de produire des effet profonds et potentiellement durables sur les individus. Cela donne ainsi aux objets une capacité agissante, contrairement à ce que voudrait la tradition philosophique.  Réciproquement, la neutralité apparente d’un objet, un meuble à bas coût fabriqué en série par exemple, ne l’empêche pas d’être approprié et associé finement à celui qui le possède. Cet objet qui semble neutre et passif, prend lui-même une autre forme par le fait qu’il soit activement vécu par l’habitant. Le meuble de l’un a beau sembler le même que celui d’un autre, il ne l’est pas. 

La maison de Victor Hugo comme objet de recherche
Récemment, Louise s’est rendue à Guernesey lors d’un séjour de recherche, pour travailler sur la maison d’exil de Victor Hugo administrée par Odile Blanchette, dirigée par Gérard Audinet et conservée par Alexandrine Achille au sein de Paris Musées. Cette maison a été léguée telle quelle à la mairie de Paris, avec les objets de l’auteur des Misérables, sa décoration, son décor, ses livres, ses œuvres d’art en l’état. Louise relate que Victor Hugo a conçu lui-même intégralement sa maison. Il a tout fait faire par des artisans locaux à partir de dessins et de plans réalisés par ses soins. Pour l’écrivain, il s’agit d’une œuvre à part entière, au même titre que ses romans. Sa maison, c’est lui, au sens le plus fort. Il s’agit d’un cas extrême où l’artefact architectural composé de tous ses objets est fusionné avec son habitant, ne faisant ainsi plus qu’un. C’est pourquoi, même longtemps après sa mort, sa présence est perceptible. Ce mode d’habitation, si intense et subjectivisé, a d’ailleurs rendu la maison inhabitable par quelqu’un d’autre que ses petits-enfants en partie élevés là.

Un projet professionnel tourné vers la recherche mais restant ouvert
Idéalement, c’est vers la recherche que Louise se projette. À la fin de sa thèse, elle aimerait trouver un post-doc et ensuite candidater au CNRS, à la qualification de maître de conférences et devenir, un jour, professeure. Sa directrice de thèse est entrée à l’Académie des Sciences morales et politique. Elle est, pour Louise, l’incarnation d’un parcours d’excellence, de recherche et d’enseignement. Louise s’ouvre néanmoins une deuxième voie, car elle travaille sur le design, sur l’architecture et sur la mode. Ayant eu une expérience de stage chez Balmain, au service des archives et du patrimoine, elle pourrait envisager un poste dans une entreprise de design, de mode, un cabinet d’architecte. Selon Louise, quand une entreprise produit des objets, il lui est nécessaire de penser ces objets en amont, de réfléchir à ce qu’elle veut leur faire dire. Quand une collectivité décide de changer d’urbanisme, de changer l’architecture d’un lieu, il y a des questions patrimoniales très importantes ; cela fait partie de la philosophie esthétique et de l’Art, sa spécialité.

Pas uniquement doctorante à Sorbonne Université
Louise a choisi Sorbonne Université pour son statut national et international, qui est dans la réalité et dans les imaginaires, un lieu synonyme d’excellence avec des chercheurs de pointe, comme son encadrante. La beauté et l’histoire du campus ont joué aussi. Par ailleurs, Louise est très enthousiaste sur l’offre sportive. C’est un atout majeur, selon elle. Elle a découvert l’escrime, en particulier le sabre, grâce à Sorbonne Université en 2022, et aujourd’hui, elle participe à des compétitions universitaires. Entraînée par des enseignants du service des sports particulièrement compétents, tels que Guillaume Galvez et Laetitia Ducheix, elle a acquis un niveau suffisant pour participer à des compétitions universitaires en équipe et en individuel, en compétition régionale et nationale. Et pour remporter des médailles… En 2025, son équipe a obtenu la médaille de bronze au championnat universitaire d’Ile-de-France et en 2024, la médaille d’or au championnat universitaire de France. Selon elle, il existe un équilibre entre sa réflexion philosophique théorique très sédentaire et sa pratique sportive quotidienne. Les entraîneurs la poussent à toujours faire mieux et exigent dans le sport ce qu’elle exige dans son travail de thèse : la rigueur et qualité. Les deux mondes se nourrissent ainsi réciproquement. Tailler dans le vif des idées et croiser le fer en duel semblent finalement se retrouver. Somme toute, Sorbonne Université lui permet de rencontrer l’excellence partout, au niveau théorique d’abord, en philosophie et dans les autres sciences à travers l’éminence intellectuelle des enseignants-chercheurs avec qui elle a l’opportunité d’échanger et de travailler, mais aussi, dans un tout autre contexte, à travers la très grande qualité de l’encadrement assuré par des escrimeuses et escrimeurs de très haut niveau.

La richesse et l’excellence aussi dans les formations du Collège doctoral
En ce qui concerne les formations du Collège doctoral, elle compte à son actif environ 95 heures de formations transversales. Elle juge les formations excellentes à 90%. Quand elle se rappelle les formations qui lui ont été très utiles, elle donne comme exemple celle sur les droits à l’image et les rencontres carrières. Savoir comment cela fonctionne, ce que font les gens, lui permet de compléter ses connaissances et d’enrichir encore son réseau.

Pour en savoir plus