Emma Wils
Doctorante en Histoire de l’art
Le sujet de ma thèse porte sur la manière dont l’artiste explore le temps dans son œuvre. Mon objectif est de réaliser une exploration profonde et rigoureuse de cette notion du temps à travers la diversité de supports
Une passion pour l'artiste On Kawara... et le karaté
Emma Wils, doctorante en 3e année de thèse dans l’école doctorale Histoire de l’art et architecture est passionnée par un artiste conceptuel d’origine japonaise On Kawara. Emma, travaille en codirection avec Larisa Dryansky du Centre André Chastel et Céline Flécheux professeure d’esthétique du laboratoire AICA de l’université Paris 8. Elle nous raconte la découverte de l’artiste, son cursus à Sorbonne Université et sa passion pour le karaté.
Après des classes préparatoires, un parcours entier à Sorbonne Université
Après une classe CPGE en Histoire de l’art au lycée Faidherbe de Lille, Emma est entrée à Sorbonne Université où elle a poursuivi tout son cursus universitaire et obtenu un master en histoire de l’art, une licence en philosophie puis un master d’esthétique et philosophie de l’art. Le tout en double cursus car elle souhaitait enrichir sa compréhension de l’art. L’entrée en doctorat continue ce cursus.
Le choc esthétique et la découverte d’un artiste
Comme elle le dit si bien « L’origine de son sujet de thèse remonte à loin ». Lors d’une visite à la collection Lambert à Avignon, alors qu’elle était en classes préparatoires, Emma a eu un véritable choc esthétique devant une Date Painting, œuvre d’On Kawara. Une Date Painting est un monochrome où est inscrit la date du jour où l’artiste a réalisé ce tableau. Devant cette œuvre, Emma se rappelle s’être posée des milliers de questions du type « Pourquoi peindre une date ? », « qu’est-ce que cela signifie ? ». Dans la suite de son parcours, quand il a fallu choisir un sujet pour son mémoire de master en histoire de l’art, elle a naturellement repensé à On Kawara et a traité de l’usage de la photographie par cet artiste. Pour son master en esthétique, Emma a étendu cette étude des usages de la photographie chez d’autres artistes conceptuels de façon beaucoup plus philosophique.
Quelques mots sur On Kawara et l’art conceptuel
On Kawara est un artiste d’origine japonaise qui s’est installé en 1962 à New York où il a commencé une pratique conceptuelle qui utilise une diversité de médium. La série la plus connue est la série Today. Commencée en 1966, elle se compose de Date Paintings. L’artiste a fait aussi d’autres séries où il faisait la liste de personnes qu’il avait rencontrée chaque jour dans l’ordre chronologique, des trajets qu’il avait effectués, de l’heure à laquelle il s’était levé. Le courant conceptuel dans l’art est un courant qui s’est développé à partir des années 1960-1970, parmi lesquels les artistes considèrent que l’idée est plus importante que la réalisation matérielle de l’œuvre.
Le temps pour sujet de thèse
Emma se rappelle que l’idée de la thèse s’est imposée progressivement, parce qu’elle souhaitait approfondir l’étude de cet artiste peu étudié scientifiquement. Le sujet de sa thèse porte sur la manière dont l’artiste explore le temps dans son œuvre. L’objectif d’Emma est de réaliser une exploration profonde et rigoureuse de cette notion du temps à travers la diversité de supports tout en tenant compte de la spécificité du contexte de chaque série. Ajoutant à la complexité, On Kawara a également décidé de se retirer de toute vie publique, ne donnant aucune interview et n’ayant écrit aucun article depuis son installation aux USA. Emma se retrouve ainsi vraiment face à un silence de l’artiste qui n’explique pas ses choix.
Des séjours de recherche à l’étranger financés
Grâce à une aide de la DRV de la faculté des lettres, Emma a pu effectuer deux séjours de recherche à New York pour aller étudier le fonds d’archives inédit d’On Kawara, récemment transmis par la veuve de l’artiste et conservé à la One Million Years Fondation. Après avoir passé plus d’un mois à New York lors de ses deux précédents séjours, Emma nous révèle préparer actuellement un troisième pour achever le dépouillement des fonds. Ce voyage ne sera pas de trop pour finir l’exploration de l’œuvre conséquente de l’artiste. A titre d’exemple, la série Today compte près de 3000 Dates Paintings.
Quelques conseils pour obtenir un financement de séjours de recherche
Emma incite les doctorants à oser demander des aides financières en s’y prenant en amont. En général, les candidatures se font pendant le dernier trimestre de l’année N pour l’année suivante, ajoute-t-elle. Emma reconnait que leur obtention dépend des disciplines mais conseille aux doctorantes et doctorants de candidater vers l’école doctorale, le laboratoire puis la faculté. Elle ajoute : « Les séjours de recherche peuvent se faire pour toutes les échelles : exposition, colloque, fonds d’archives. C’est une expérience formidable, à l’étranger comme en France. Cela permet de vivre sa recherche dans un autre lieu et il n’y a pas à se questionner sur l’intérêt, ni hésiter à l’entreprendre ».
Un projet professionnel orienté vers le domaine académique mais qui reste ouvert
Idéalement, Emma se projette dans la recherche. Elle aimerait effectuer un post-doctorat et passer les concours pour devenir enseignante-chercheuse. A plus long terme, elle aimerait développer des recherches en histoire et en théorie de l’art mais reste ouverte à d’autres possibilités notamment dans le milieu muséal ou les fondations.
Un dernier mot sur son parcours à Sorbonne Université
De son parcours à Sorbonne Université, Emma retient l’excellence des chercheurs côtoyés et la diversité des formations transversales proposées. A titre d’exemple, elle témoigne d’avoir fait partie des doctorantes et doctorants qui ont pu visiter le centre de recherche du château de Versailles pour découvrir le centre de recherche. Organisée par Mickaël Le Guen, cette visite a été tout à fait exceptionnelle, témoigne-t-elle. A ces deux aspects, s’ajoute également une offre culturelle et sportive complète. Sorbonne Université lui a permis de participer aux championnats universitaires dans sa discipline : le karaté et gagner une médaille de bronze en combat. Ce sport, avoue-t-elle, lui permet d’avoir une discipline et une certaine force pour faire face aux défis de la thèse.