27 MARS 2019

L’équipe du professeur Arnaud Antkowiak de l’institut Jean le Rond d’Alembert (∂'Alembert : Sorbonne Université/CNRS) est parvenue à reproduire sur des membranes synthétiques le mécanisme qui permet aux cellules d’être extensibles. Ce travail qui ouvre de nouvelles perspectives dans l’évolution des fonctionnalités des matériaux, a été récompensé le 13 février par le prix de physique La Recherche.
 

Matériaux extensibles
Membrane extensible créée par l'équipe d'Arnaud Antkowiak © droits réservés

Les cellules animales ont la particularité d'être extrêmement étirables. Certaines d’entre elles comme les lymphocytes T, parviennent à s'étirer de 40 % pour s’insérer dans les microvaisseaux. « Alors que la membrane qui enveloppe chacune de ces cellules se déchire à partir de 4 % d'extension, les cellules parviennent à s’étirer considérablement grâce au stockage d’excédents de membrane » explique le professeur Arnaud Antkowiak. « Elles en font une réserve, qui prend la forme de replis et de microvilli (fins prolongements cellulaires de forme cylindrique), qui peuvent être dépliés à la demande », et ainsi actionner le mécanisme d’extension.

L’équipe a ainsi développé un procédé permettant de former spontanément des plis et replis sur des membranes synthétiques. Son application pourrait faire évoluer de nombreuses technologies émergentes telles que l'électronique étirable, les batteries flexibles, les tissus intelligents, les implants biomédicaux souples ou encore la robotique molle.