08 FÉVR. 2019

Nous parlons souvent aux objets du quotidien (ordinateur, imprimante, voiture...) mais depuis peu, ils nous répondent ! Clotilde Chevet, doctorante en sciences de l'information et de la communication, s'intéresse plus précisément aux petits génies qui vivent dans nos smartphones, les assistants personnels numériques.

Clotilde Chevet
Clotilde Chevet © Sorbonne Université - Pierre Kitmacher

Son parcours

Après une classe préparatoire en lettres et sciences sociales et des études de communication, Clotilde Chevet se spécialise dans la question des médias numériques, et entame une thèse au Celsa sur les pratiques d’écriture et d’oralité dans le cadre de l’interaction homme-machine.

Ses recherches

Ses recherches portent sur la façon dont nous faisons parler un assistant personnel et comment nous lui parlons. Pour cela, elle compare les différents types de relations sociales que proposent les entreprises qui commercialisent ces assistants personnels et la façon dont elles modélisent le relationnel selon des objectifs distincts. Est-ce une relation affective ou d’ordre professionnel ? L’assistant personnel est-il un ami ou un serviteur ? Utilisent-ils le tutoiement ou vouvoiement ? Comment répondent-ils à des problématiques affectives telles que « je t’aime » ou « je me sens seul » ? A travers ces questions, Clotilde Chevet s’interroge sur la place donnée à l’humanité, à l’humour, à l’hésitation dans le discours d’une machine et sur la façon dont est construite la trame d’interaction qui permet à l’usager d’échanger avec l’assistant.

Pour cela, elle s’intéresse de près au travail des dialoguistes pour robots. Au quotidien, ils travaillent main dans la main avec les développeurs afin de construire de toute pièce une relation automatisée, cachée dans le code informatique de la machine. Ils élaborent une trame d’interaction, dans laquelle chaque brique conversationnelle est modélisée. La conversation est ainsi conçue sur la base d’un arbre de décision figé structurant les échanges à venir. 

Son regard

Lors de sa conférence, Clotilde Chevet nous dévoilera en quoi l’intelligence artificielle des assistants personnels ne se trouve pas là où nous le pensons. Elle nous montrera qu’en échangeant avec un assistant personnel numérique, nous ne parlons pas à une machine qui nous comprend, mais à une entreprise qui a des intérêts économiques. A l’heure où l’intime devient un produit commercial, elle nous révélera comment, à travers l’automatisation de l’échange entre l’homme et la machine, une économie de la relation se met progressivement en place.