Université populaire de la rationalité et de l'esprit critique 2026-2027
L’Université populaire de la rationalité et de l’esprit critique, cycle de conférences proposé par Gérald Bronner et ses invités, explore les enjeux contemporains de la pensée critique. Avec le soutien de SOUND et de la Fondation Descartes, ce programme pluridisciplinaire offre des clés pour comprendre et exercer la rationalité dans un monde complexe.
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Du 15 Sep. 2026 au 15 Jun. 2027
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19:30 - 21:00
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Amphithéâtre Richelieu - Sorbonne
17 rue de la Sorbonne, 75005 ParisGratuit, sur inscription obligatoire
Ouverture des inscriptions un mois avant chaque séance
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Direction des affaires culturelles de la Faculté des Lettres
Cycle de conférences proposé par Gérald Bronner et ses invités
Avec le soutien de SOUND et de la Fondation Descartes.
L’Université populaire de la rationalité et de l’esprit critique traverse de multiples disciplines – sociologie, philosophie, physique, sciences cognitives et biologie – pour interroger les conditions de formation du jugement éclairé dans un monde complexe.
Les interventions programmées abordent tant les fondements théoriques que les enjeux pratiques de la pensée critique, qu’il s’agisse des mécanismes cognitifs permettant de concevoir l’éventail des possibles, des conditions historiques et philosophiques de la formation du doute rationnel, ou encore des tensions entre rationalité scientifique et débats publics contemporains.
Le cycle de conférences s’adresse à toutes celles et tous ceux qui souhaitent mieux comprendre les mécanismes de la pensée critique, dans ses enjeux contemporains comme dans ses racines historiques.
Toutes les conférences seront filmées et diffusées sur la chaîne YouTube de la Faculté des Lettres.
Programme
La conférence explorera les mécanismes des manipulations mentales dans nos sociétés contemporaines. À travers des exemples concrets, il s’agira de comprendre pourquoi les individus peuvent être facilement influencés, et surtout d’apprendre à développer un esprit critique pour se prémunir contre ceux qui exploitent le fonctionnement ordinaire de notre cerveau afin de nous amener à agir contre nos propres intérêts.
Conférence animée par Gérald Bronner, sociologue.
Au cours du XXe siècle, au moins deux auteurs — le philosophe hongrois Georg Lukács et l’historien israélien Zeev Sternhell — ont identifié une tradition hostile au rationalisme et au projet fondamentalement démocratique qui en est issu, portée par les Lumières et la Révolution française. La conférence reviendra sur les caractéristiques de cette tradition irrationaliste : quels sont ses présupposés ? Quels sont ses outils d’interprétation du monde ? Comment se prolonge-t-elle jusqu’à ce jour dans les différentes aires culturelles de notre monde ?
Conférence animée par Stéphanie Roza, philosophe, spécialiste des idées des Lumières et de la révolution française.
Parmi les arènes dans lesquelles les scientifiques sont amenés à intervenir pour éclairer la décision, les tribunaux constituent un exemple particulièrement révélateur. Magistrats et avocats sollicitent parfois des rapports écrits de chercheurs autant que des témoignages à la barre. Dans un travail en cours avec Marion Vorms (IHPST, Panthéon-Sorbonne) et Isabelle Drouet (SND, Sorbonne Université), Anouk Barberousse prend pour objet l’un des procès de santé publique les plus retentissants de ces dernières années : celui du Mediator, un antidiabétique dont les effets secondaires graves ont été dénoncés avec force à partir de 2009. Les chercheuses étudient comment l’information scientifique relative aux effets du médicament a été comprise et prise en compte dans les décisions des juges. Cela les a conduites à constater un gouffre normatif entre le statut des connaissances scientifiques au sein des communautés scientifiques et celui que ces connaissances reçoivent dans les professions juridiques. Lors de cette conférence, Anouk Barberousse présentera à partir d’exemples tirés du procès, les difficultés de la prise en compte d’éléments scientifiques hors du monde académique.
Conférence animée par Anouk Barberousse, philosophe.
Débat avec Gérald Bronner et Alain Aspect sur les enjeux de la confiance en la science, ainsi que sur les mécanismes de l’innovation et de la sélection des faits dans les pratiques scientifiques.
Débat animé par Alain Aspect, physicien et Gérald Bronner, sociologue.
Le changement climatique représente un cas d’étude exemplaire, qui permet de mettre en lumière les conditions favorables à la désinformation scientifique. Lors de cette conférence, Elena Pasquinelli analysera les stratégies et mécanismes propres à la désinformation climatique. Elle présentera les recherches concernant les stratégies considérées comme les plus efficaces pour combattre — et surtout prévenir — ce type de désinformation ainsi que le rôle de l’éducation dans ce travail préventif.
Conférence animée par Elena Pasquinelli, chercheuse italienne en philosophie et spécialiste des sciences de cognitives.
Cette conférence propose d’examiner l’affrontement entre le libéralisme et l’illibéralisme comme l’une des tensions majeures de nos démocraties contemporaines. Marlène Laruelle montrera que l’illibéralisme ne se réduit pas à un simple rejet de la démocratie, mais constitue aussi une critique des promesses inabouties du libéralisme politique, culturel et économique. En mobilisant l’esprit critique, il s’agira de dépasser les usages polémiques de ces notions pour en restituer toute la complexité historique et idéologique. La conférence invitera ainsi le public à exercer sa rationalité face aux discours qui opposent trop facilement liberté, ordre, souveraineté et pluralisme.
Conférence animée par Marlène Laruelle, historienne et politiste.
La science peut-elle se penser en dehors du social qui la rend possible ? Faire société n’a rien d’évident : des individus se sentent liés entre eux sans jamais se connaître. Comprendre cette situation conduit à considérer le lien social comme le produit de constructions historiques, symboliques et cognitives. Il s’agit dès lors d’explorer les représentations collectives qui fondent le sentiment d’appartenance, ainsi que leurs liens avec la confiance collective accordée à la science. Car l’expression de la rationalité scientifique s’inscrit elle-même dans des cadres collectifs : elle suppose des langages communs, des institutions et des formes de validation partagée. Il s’agit d’analyser comment les manières de faire société se stabilisent, se transforment ou entrent en crise, jusqu’à produire des points de rupture critiques.
Conférence animée par Virginie Tournay, biologiste, chercheuse en science-politique et directrice de recherche au CNRS.
La foi est généralement tenue pour distincte de la raison, et elle est même parfois considérée comme parfaitement incompréhensible si l’on adopte des méthodes rationnelles. Dès le siècle des Lumières, ce problème a fait l’objet de nombreux débats, dont Hume offre un exemple toujours pertinent. Associant une généalogie naturaliste des croyances religieuses à une réflexion sur les raisons de croire, Hume relève le défi d’une étude rationnelle de la foi. Pour le relire aujourd’hui, Yann Schmitt propose de mesurer son projet à l’aune des sciences cognitives des religions et de travaux récents en philosophie.
Conférence animée par Yann Schmitt, enseignant en philosophie.
Pour chacun, les choses sont « rationalisées » lorsqu’elles sont fonctionnelles. En tant qu’êtres intentionnés, nous portons un regard fonctionnaliste sur ce qui nous entoure, et notamment sur le vivant. Or celui-ci est truffé de choses inutiles : le corps humain, par exemple, ne comporte pas moins d’une quarantaine de structures parfaitement superflues. La conférence abordera le concept d’adaptation afin de montrer comment la biologie rend raison de l’inutile.
Conférence animée par Guillaume Lecointre, zoologiste et systématicien.
Le doute est l’outil du penseur critique, le rempart contre l’entêtement face à d’éventuelles bévues ; mais encore faut-il savoir douter. Le doute n’est pas le soupçon — lequel s’interroge sur les intentions d’autrui, souvent inconnaissables. Il n’est pas le contraire de la confiance, mais plutôt son acolyte prudent. Il n’est pas non plus l’antithèse de la connaissance : il en est la condition. Le doute bien dosé ne fait pas peser sur nos projets le spectre de l’immobilisme ; il nous motive au contraire à vérifier que nous ne faisons pas fausse route.
Conférence animée par Thomas C. Durand, vidéaste web, vulgarisateur, écrivain, biologiste et dramaturge français, cofondateur de l'Association pour la science et la transmission de l'esprit critique (ASTEC).
Soutien
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