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Construire l’invisible : représentations sociales, savoirs situés et pratiques de recherche - 2e séminaire des jeunes chercheuses et chercheurs SOUND

Ouvert à tous les membres de l’Alliance Sorbonne Université, organisé et présenté par les jeunes chercheuses et chercheurs du programme SOUND (doctorantes et doctorants, post-doctorantes et post-doctorants), ce séminaire bi-trimestriel s’inscrit dans la dynamique du projet SOUND. 

  • Le 27 Mai. 2026

  • 11:00 - 13:00
  • Séminaire
  • Centre international de conférences, 4 place Jussieu 75005 Paris

    Tour 44-45, 1er ét., salle 109

    Inscription.

Présentation

Après le premier séminaire « Fabriques sensibles des mondes durables », cette deuxième rencontre propose d'interroger ce que nos sociétés rendent visible ou, au contraire, maintiennent dans l'ombre, ainsi que le rôle des chercheur·ses dans la construction de ces regards. Comment certaines réalités deviennent-elles visibles ? Quels mécanismes participent à leur invisibilisation ? Quelles sont les implications de notre position de chercheur·se dans l’appréhension de ces objets ?

À travers quatre interventions issues de disciplines et de méthodologies diverses, ce séminaire explore différentes formes contemporaines d'invisibilité. Les présentations interrogent les mécanismes cognitifs influençant nos décisions sans que nous en ayons conscience, les représentations socio-professionnelles dans les territoires ruraux et dans les classes populaires, les récits médiatiques façonnant les normes de féminité, ainsi que les expériences de violence et de vulnérabilité dont la prise en compte permet d'enrichir des approches plus globales de la santé.

En croisant la sociologie, l'épidémiologie, les neurosciences et les sciences de la communication, cette rencontre ouvre un espace de dialogue sur les manières de produire, de représenter et de transmettre des savoirs sur des réalités souvent peu visibles. Elle met en avant l'intérêt d'approches interdisciplinaires et situées, attentives aux expériences vécues comme aux mécanismes invisibles qui structurent les comportements, les représentations et les rapports sociaux.

Programme

11h - Ouverture

11h10 - L’ingénieur, figure invisible dans la ruralité ?

Alexandre Longa, doctorant au laboratoire Connaissance, Organisation et Systèmes Techniques (Costech), Université de Technologie de Compiègne.

Si l’Industrialisation du XIXe siècle ainsi que les politiques de décentralisation post-Seconde guerre Mondiale ont permis l’implantation d’écoles d’ingénieur en ruralité, la tertiarisation de la profession a provoqué un véritable rapprochement géographique entre lieux d’exercices et d’apprentissages de l’ingénierie au sein des métropoles. Face à cet « exode rural » des ingénieurs, on peut alors se demander quelles marques ils ont laissé au sein de la ruralité, et quelles sont aujourd’hui les différences de représentations au sein des jeunes publics ? Durant cette présentation, Alexandre Longa présentera la chaire Ouverture Sociale et Innovation, dispositif de recherche-action lui permettant à la fois de documenter les représentations des ingénieurs par les élèves issus de milieux défavorisés et/ou ruraux, tout en alimentant des dispositifs permettant le développement d’une capacité à aspirer.

11h35 - Gare à l’optimisme : effets des biais d’optimisme sur les décisions alimentaires

Clara Bleuet, doctorante à l'Institut du Cerveau (ICM - Sorbonne Université/CNRS/Inserm)

Les comportements alimentaires malsains constituent des facteurs majeurs de l’augmentation mondiale de l’obésité. Les biais d’optimisme - telle que la tendance à croire que l’on est moins susceptible que les autres de subir des conséquences négatives et la tendance à privilégier les informations désirables par rapport aux informations indésirables lors de la mise à jour de ses croyances - pourraient sous-tendre ces comportements en déformant la perception des risques. Toutefois, leur influence sur la prise de décision ainsi que leurs bases neuronales restent encore mal comprises. Un échantillon de 209 étudiants en France et en Inde a été recruté. Les sujets ont estimé leur risque ainsi que celui des autres concernant des problèmes de santé liés à l’alimentation, puis ont mis à jour ces estimations après avoir pris connaissance des taux de base de ces risques. Ces évaluations ont été combinées à une tâche de prise de décision, impliquant des évaluations du désir de ces aliments.

12h - La santé mentale chez les personnes ayant connu la prostitution : penser les effets des violences

Paloma Vera, doctorante à l'Institut Pierre Louis d'épidémiologie et de santé publique (IPLESP - CNRS/Inserm/Sorbonne Université)

Les femmes qui sont ou ont été en situation de prostitution cumulent fréquemment plusieurs formes de vulnérabilité : précarité économique, parcours migratoires complexes, instabilité administrative et exposition accrue aux violences. Ces facteurs peuvent avoir des répercussions sur leur état de santé et constituer des obstacles majeurs à l’accès aux soins. Pourtant, leurs trajectoires restent encore peu appréhendées dans leur globalité, et leur point de vue demeure insuffisamment intégré à l’analyse de leurs besoins en santé. Cette présentation propose d’explorer la santé mentale des femmes concernées, avec un intérêt particulier porté au stress post-traumatique et aux conséquences des violences vécues. Elle mettra également en lumière l’intérêt d’une approche participative associée à une méthodologie mixte afin de mieux comprendre leurs besoins et de rendre visibles leurs expériences.

12h25 - Anatomie d’une (in)visibilité : la femme sans cheveux au cinéma

Lucile Castanier, doctorante au Groupe de recherches interdisciplinaires sur les processus d’information et de communication (GRIPIC, Celsa Sorbonne Université)

Durant cette intervention, Lucile Castanier présentera les premiers résultats d'une analyse quantitative d'un corpus de 227 films du cinéma mondial mettant en scène des femmes sans cheveux, perdant leurs cheveux ou dont le crâne est rasé. À travers ce recensement - de Metropolis (1927) aux productions récentes telles que The Substance (2024) ou Weapons (2025) -, cette cartographie inédite interroge les régimes de représentation de la féminité alopécique à l'écran. L'absence de cheveux y devient un signe narratif fort, révélant une économie symbolique qui exceptionnalise ce qu'elle prétend montrer : le crâne féminin est visible comme événement - rupture, maladie, transgression, monstruosité - mais demeure invisible comme normalité. L'objectif est d'ouvrir un espace où quantifier et interpréter deviennent un seul et même processus : celui qui permet de révéler des formes de représentation marginales, non interrogées, de la féminité.

12h50 - Fermeture

13h00 - Buffet


Un séminaire organisé par: Émile Rebours, Paloma Vera et Daniel Cadot.

Soutien

Cette action est soutenue par l'Alliance Sorbonne Université dans le cadre du projet « SOUND - pour un nouvel engagement » avec une aide de l’État gérée par l’ANR au titre de France 2030 et par l’Union européenne NextGenerationEU (ANR – 22 – EXES – 0004).

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