Projet SPHINX : retour sur la soirée de lancement
Lundi 8 septembre, Sorbonne Université a inauguré, au sein du Réfectoire des Cordeliers, le projet SPHINX — Sciences du Patrimoine : Héritage, Innovation, enjeuX — qui s’appuie sur l’expertise de l’Observatoire des patrimoines (OPUS). Cette soirée de lancement a rassemblé chercheuses et chercheurs, partenaires institutionnels ainsi que de nombreuses actrices et acteurs du patrimoine pour engager une réflexion collective sur les enjeux contemporains liés aux patrimoines.
La soirée s’est ouverte par les allocutions de Nathalie Drach-Temam, présidente de Sorbonne Université, et de Guillaume Bordry, conseiller pour l'enseignement supérieur et la recherche et directeur du pôle Connaissance au secrétariat général pour l’investissement.
« À Sorbonne Université, le patrimoine est partout et constitue le socle de notre communauté. C’est un bien commun, vivant et complexe, que nous chérissons et préservons », a rappelé Nathalie Drach-Temam. Elle a souligné la diversité de ce patrimoine, « incarné par nos murs – de la Sorbonne historique aux campus en région, du cloître des Cordeliers aux aquariums de nos stations marines – mais aussi par nos collections scientifiques exceptionnelles, en papyrologie, anatomie, minéralogie ou botanique, accessibles à la communauté et au grand public grâce à notre bibliothèque numérique Sorbonne Num ».
La présidence de Sorbonne Université a mentionné le patrimoine artistique et culturel, « qu’il soit matériel avec les collections de l’institut d’art et d’archéologie, les masques de Jules Dalou ou les œuvres numériques de Kaspar Ravel, notre artiste en résidence », ou « immatériel avec le Théâtre Molière Sorbonne qui fait revivre langues, savoir-faire et techniques ». Nathalie Drach-Temam a également rappelé que Sorbonne Université porte aussi un patrimoine intellectuel, nourri par la création de savoirs et l’interdisciplinarité.
« Parce que le patrimoine est notre signature et l’interdisciplinarité notre force, nous avons créé il y a huit ans un Observatoire des patrimoines aux côtés de nos partenaires de l’Alliance Sorbonne Université », a-t-elle ajouté, saluant « le caractère unique de nos travaux de recherche en France et en Europe » et l’excellence des équipes, qui contribuent à la renommée de l’établissement tout en préservant « des disciplines parfois rares ».
Patrimoines et enjeux sociétaux
Elisabeth Angel-Perez, vice-présidente Recherche et Innovation de Sorbonne Université, et Nathalie Ginoux, professeure d’histoire de l’art et d’archéologie et co-porteuse scientifique du projet, ont ensuite assuré la présentation du projet SPHINX. Elles ont notamment mis en exergue ses trois axes fondateurs : la fabrique du patrimoine, les patrimoines empêchés et les patrimoines partagés.
La soirée de lancement s’est poursuivie avec une conférence croisée de Carola Hein, professeure à l’université de Leyde et titulaire de la chaire Eau et Patrimoine, et de Luba Jurgenson, professeure de littérature russe à Sorbonne Université et co-porteuse scientifique de SPHINX.
Elles ont exploré les liens entre patrimoine, paysages et mémoire. Carola Hein a interrogé la capacité des sociétés contemporaines à tirer parti des expériences passées. Luba Jurgenson a, quant à elle, rappelé que « les traces des heures les plus sombres de l’humanité peuvent devenir un bien commun », soulignant la dimension mémorielle et universelle des patrimoines issus de l’histoire des conflits.
Un intermède musical proposé par trois étudiantes et étudiants du master d’interprétation des musiques anciennes de Sorbonne Université, sous la direction d’Esther Labourdette, a ponctué cette soirée en offrant un moment sensible en écho avec ces thématiques.
Des tables rondes pour penser les tensions et les partages
L’événement s’est achevé par deux tables rondes animées par le journaliste scientifique Mathieu Rouault.
La première, intitulée « Patrimoines en tension », a réuni Jacques de la Porte des Vaux (maître de conférences en droit public à l'Université Paris-Saclay), Maria Gravari-Barbas (architecte et géographe, professeure à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Bibia Pavard (maîtresse de conférences en Histoire à l'Université Paris-Panthéon-Assas), Benoît de l'Estoile (directeur de la recherche et de l'enseignement au Musée du quai Branly) et Guillaume Robert (chef du pôle sciences humaines et sociales, archéologie et patrimoine de la Direction de la diplomatie culturelle, éducative, universitaire et scientifique au ministère de l'Europe et des Affaires Étrangères).
Ils ont échangé sur les conflits d’usages et de représentations que suscite le patrimoine, qu’il s’agisse du surtourisme, des enjeux liés au matrimoine ou des spoliations coloniales.
La seconde, « Patrimoines en partage », a élargi le débat aux pratiques collaboratives et aux nouvelles formes de transmission du patrimoine. Y ont participé : Pascal Buléon (géographe, directeur de la Maison de la Recherche en Sciences Humaines à l'université de Caen Normandie), Edouard Vasseur (Chaire UNESCO — professeur d'histoire des institutions, archivistique et diplomatique contemporaines à l’École des Chartes - PSL), Pascale de Robert (chargée de recherche à l'IRD, membre de l'UMR « Patrimoines locaux, environnement et globalisation »), Pauline Le Clere (présidente de l’agence patrimoniale, Perles d'Histoire), Stéphane Millière (président de Gédéon Programmes) et Andrea Fabiano (professeur de littérature et culture italiennes modernes à Sorbonne Université).
Ce dernier s’est notamment intéressé à la question de la mise en valeur d’un patrimoine complexe et aux moyens de le transmettre de façon intelligible et accessible au plus grand nombre.
Cette soirée de lancement a affirmé l’ambition du projet SPHINX : inscrire les patrimoines au cœur des grands questionnements contemporains et en faire un levier de dialogue entre sciences, culture et société.
Pauline Ponchaux
Soutien
Le projet a été sélectionné dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêt « Programmes de Recherche en Sciences Humaines et Sociales » lancé par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR), et soutenu dans le cadre du plan d'investissement gouvernemental France 2030 déployé par le Secrétariat général pour l’investissement (SGPI).