13 MARS 2019

C’est dans un Auditorium plein à craquer que 16 doctorants de Sorbonne Université et de ses partenaires de l’UTC* et du MNHN* se sont affrontés le 12 mars, sur le campus Pierre et Marie Curie à l’occasion du concours "Ma thèse en 180 secondes".

Leur objectif : proposer en 3 minutes, un exposé clair, concis et surtout convaincant, de leur projet de recherche en thèse, face au jury et à un public profane.

Introduisant la soirée, le président Jean Chambaz a rappelé les enjeux d’une telle manifestation - le nécessaire dialogue des scientifiques avec la société, leur implication comme experts dans le débat citoyen, le partage des connaissances - dans une époque où la raison, hélas, ne l’emporte pas toujours sur les fakenews et autres théories complotistes.

Les 16 concurrents se sont tous prêtés avec brio à l’exercice devant un auditoire conquis et enthousiaste, captivé par le suspens du chronométrage. 

Le jury et le public ont distingué Eslem Ben Arous et Alexandra Sauvetre, elles participeront à la demi-finale nationale qui se tiendra le 6 avril 2019.

* Université de technologie de Compiègne, Muséum national d'histoire naturelle.

Les lauréates
Eslem et Alexandra

Prix du jury : Eslem Ben Arous

Une enquête au cœur des sites préhistoriques du Maroc

"300 000 ans ! Depuis 2017, voici l’âge qu’il faut retenir du plus ancien Homo sapiens connu au Monde, notre ancêtre à tous, trouvé au Maroc !  Mon travail consiste à dater des grottes préhistoriques côtières situées dans la même zone géographique. Elles étaient déjà occupées il y a 120 000 ans. Seulement voilà : ses premiers occupants sont plus tard remplacés de manière mystérieuse par des sapiens anatomiquement et culturellement différents. Mais quand a eu lieu ce changement et pourquoi ?
Pour les besoins de cette enquête, je dois construire des chronologies très précises de ces occupations humaines du passé. J’applique des méthodes de datation spectrométriques et radioactives adaptées aux différents témoins archéologiques que je trouve. Je peux ainsi mesurer des quantités d’énergie ou d’éléments chimiques accumulés au cours du temps dans ces objets. Des outils mathématiques spécifiques me permettent ensuite de calculer des âges. « Élémentaire, mon cher Watson ! ».
Les résultats montrent qu’il n’y a pas de présence humaine dans ces grottes entre 40 000 et 15 000 ans. Cette période correspond à une période très aride qui a fortement modifié l’environnement et les ressources associées.
Avec ces résultats, les archéologues pourront élaborer des modèles d’évolution de notre espèce. Cette enquête doctorale contribue aux passionnantes recherches des origines géographiques et chronologiques de notre ancêtre africain". 

Prix du public : Alexandra Sauvetre

Sciences légales : quand la révélation d’empreintes devient géniale

"Révéler des empreintes plus vite que son ombre, trop facile ! Enfin seulement dans la réalité des séries télévisés. Résoudre une affaire criminelle c’est partir à la recherche d’indices, pour en découvrir l’auteur. Et l’un des outils les plus efficaces pour cette identification c’est la dactyloscopie, autrement dit la science de l’analyse des empreintes digitales. Faire parler ces empreintes, c’est le travail des experts de la police depuis le début du XXème siècle notamment grâce aux travaux d’Edmond Locard. Les techniques de révélation ont évolué avec le temps mais il s’agit dans le contexte actuel de repousser les limites de l’existant. En effet, il ne suffit plus de révéler les empreintes à des endroits précis : il faut trouver la totalité des traces sur de larges scènes de crimes comme des gares, des cinémas ou même des stades ! Le défi majeur consiste alors à trouver toutes les traces qu’elles soient visibles ou invisibles. Et avec le boum de l’analyse ADN, ce précieux matériel génétique doit être préservé lors de la révélation d’empreintes. Cela implique de développer un nouveau procédé portable et innovant capable de balayer de larges surfaces avec une efficacité redoutable. Voilà l’objectif de mon projet de thèse, répondre à cette demande et cela a été rendu possible par la combinaison d’un réactif fluorescent et d’un spray. Et la simple génération d’une brume de ce réactif permet de rendre visible toutes les empreintes et ce même dans l’obscurité la plus totale".

Les 16 participants

Ma Thèse en 180 s - Édition 2019
Ma Thèse en 180 s - Édition 2019

De gauche à droite et de haut en bas :

Nour Alrifai - Optimiser le traitement localisé du cancer grâce aux ultrasons

Eslem Ben Arous - Que sont devenus les premiers Homo sapiens d’Afrique du Nord ?

Lilandra Boulais - Il était un foie, une puce…

Nicolas Dubos - Le changement climatique joue aussi sur la taille des animaux

Amy Kyle - Le génie féminin en musique

Augustin Lerebours - L’impression 3D métal à portée de main

Bertille Martinez - Des nanoparticules pour voir la nuit

Jesse Cornelius Riedl - Matériaux thermoélectriques liquides : transformer la chaleur en électricité

Dilyana Dimitrova - De nouveaux biomarqueurs au service du diagnostic d’une déficience intellectuelle

Sarah Lamaison - Il est temps de coincer la bulle !

Geoffrey Migault - Le cerveau : au cœur de nos sens

Pauline Monnot - Que la force soit avec nos neurones !

Evinaa Sellaiah - Mieux comprendre l’activité électrique du cerveau pour trouver des thérapies dans la maladie de Parkinson

Alexandra Sauvetre - Sciences légales : quand la révélation d’empreintes devient géniale

Cardillia Simon - Voir au-delà de ses limites

Boris Vinogradov - L’industrie automobile française et la Russie