Johann Huber
Johann Huber © Céline Rabaud

Comment se déroule votre double parcours universitaire et théâtral ?
Je suis actuellement en 4e année de la spécialité robotique à Polytech Sorbonne. Je bénéficie d’un aménagement d’études grâce au dispositif artistes de haut niveau mis en place à Sorbonne Université qui me permet de suivre, en parallèle de mon cursus d’ingénieur, des études théâtrales au conservatoire, deux jours et demi par semaine.
J’ai commencé le théâtre quand j’étais enfant. C’est un art qui me touche parce qu’il est complet et complexe, qu’il touche au corps, au sensible, qu’il est à la fois rigoureux et très humain. Je retrouve la richesse de l’art oratoire dans mon double parcours : le « logos », d’un côté, c’est-à-dire, l’argumentation rigoureuse et logique, et le « pathos », l’aspect humain qui suscite les passions, de l’autre.
 
Pourquoi avez-vous eu envie de tenter l’aventure Fleurs d’éloquence ?
Lorsque j’étais au lycée, j’ai participé à un concours d’éloquence organisé par les professeurs de français de l’établissement. Depuis, j’ai toujours eu envie de réitérer l’expérience, mais il existe peu de concours de ce genre. L’an dernier, j’ai découvert celui porté par la faculté des Lettres dans un cadre exceptionnel : Fleurs d’éloquence. Lorsque j’ai su qu’il ouvrait cette année à tous les étudiants de Sorbonne Université, je n’ai pas hésité à me lancer dans l’aventure.
 
Que vous a apporté cette expérience ?

La conséquence directe la plus évidente est l'aisance à l’oral. Nous avons bénéficié de 20 heures de formation animées par des intervenants venant d’horizons différents : philosophes, personnalités du monde du théâtre, enseignants-chercheurs. Ils nous ont fait travailler, de façon très pragmatique, sur plusieurs aspects de l’éloquence : l’argumentation, la façon d’organiser son discours, l’art oratoire en tant que tel, mais aussi l’action, c’est-à-dire la partie corporelle et gestuelle de la prise de parole.

Pour ce qui est de l’enchaînement des arguments, mon parcours d’ingénieur a constitué une force en ce que les sciences obligent déjà à une nécessaire limpidité de la pensée, à viser l’essentiel en construisant un raisonnement logique rigoureux allant d’un point A à un point B. Mais, le fait d’avoir éprouvé l’exercice du débat m’a rendu plus exigeant encore dans mes discussions au quotidien, plus pugnace et plus combattif sur le plan des idées.

Comment envisagez-vous la suite de votre parcours ?
Je voudrais poursuivre mon parcours en robotique dans le domaine médical où la technologie a pour finalité d’aider les personnes à améliorer leur quotidien. La diffusion des savoirs me tient également à cœur. Je souhaiterais mettre mes compétences en art oratoire au service du grand public et partager avec eux les avancées scientifiques et techniques.
 
Quel conseil donneriez-vous pour aider une personne à améliorer son éloquence ?
Il faut oser, ne pas avoir peur de se lancer et garder à l’esprit que la prise de parole en public est un entraînement. Elle se travaille, s’étudie et se pratique. Si quelqu’un rencontre des difficultés dans ce domaine, il doit tenter de dépasser sa crainte initiale : la première fois sera difficile, la deuxième plus facile et petit à petit il réussira à maîtriser les règles de cet exercice.
Savoir s’exprimer en public est une force qui nous aide au quotidien pour développer notre confiance en nous et en nos projets.

Mis à jour le 14 NOV. 2018