04 MARS 2019

Le 6 février dernier, la Fondation Sorbonne Université a remis pour la cinquième année consécutive les bourses « Passeport pour le master » à quatre étudiants de Sorbonne Université. Lors de cette cérémonie, Sara Rejeb, étudiante en master 2 de mathématiques et lauréate de la première promotion du dispositif, partageait son expérience aux côtés de sa tutrice Anne Thenaisie, directrice du département Fabrication Directe de Safran Aircraft Engines.

Passeports pour le master
Anne Thenaisie et Sara Rejeb © Sorbonne Université - Pierre Kitmacher

Sara, que vous a apporté le dispositif Passeports pour le master pendant ces cinq années à Sorbonne Université ?

Sara Rejeb : Grâce à ce dispositif mis en place par la Fondation Sorbonne Université, j’ai pu me consacrer pleinement à mes études, découvrir le monde de l’entreprise et éclaircir mon projet universitaire et professionnel avec l’aide de ma tutrice Anne Thenaisie.

Dès la première année, elle m’a organisé une visite chez Safran pour me montrer où elle travaillait. Voir tous ces produits de haute technologie m’a beaucoup impressionnée. C’était extraordinaire. En 2e année, j’ai fait un stage sur plusieurs sites du groupe pour découvrir ce qu’il était possible de faire concrètement avec des mathématiques en entreprise. J’ai rencontré des ingénieurs, des chercheurs, des managers, des data scientists dans différents domaines allant de la modélisation à la fabrication. Le fait de discuter avec eux m’a permis de gagner en assurance et d’affiner mon projet d’études. Ce réseau que j’ai développé grâce à Safran m’a aussi beaucoup aidée dans la recherche de stage.

Plus globalement, pendant cinq ans, ma tutrice a été un véritable soutien. Elle m’a rassurée et m’a redonnée confiance en moi.

Anne, pourquoi avez-vous choisi de devenir tutrice pour le dispositif Passeport pour le master au sein de Safran ?

Anne Thenaisie : Quand Safran m’a proposé de prendre en charge pendant cinq ans un étudiant de Sorbonne Université, de l’aider à se développer et de lui faire découvrir le monde de l’entreprise, je ne me suis même pas posé la question. C’était une évidence. Ce qui me plait c’est de transmettre, alors cela s’est fait naturellement.

J’ai moi-même suivi un parcours universitaire. A l’époque, en tant que diplômée d’une faculté de sciences, ce n’était pas évident de tracer son chemin dans le monde de l’entreprise. Aujourd’hui les mentalités ont heureusement bien changé et beaucoup d’ingénieurs sont issus de l’université. Mais je pense qu’il est important de continuer à promouvoir ces filières. La formation universitaire permet d’être autonome dans l’apprentissage, ce qui constitue une grande force. Nous avons besoin de ce mélange. La richesse, c’est la variété.

En quoi consistent concrètement les missions de tuteur ?

A. T. : Le dispositif était relativement récent, nous avons eu la liberté de définir les missions en fonction de l’étudiant dont nous étions le tuteur. Celles que je me suis fixées avec Sara étaient de lui servir d’appui neutre et bienveillant, de la rassurer, de l’encourager, d’être capable de lui montrer les carrières qu’elle pouvait imaginer et de l’aider à choisir son parcours de formation.

Qu’est-ce que cela vous a apporté en retour ?

A. T. : Au travail, il y a parfois des moments difficiles, mais aussi des moments heureux. Et cette rencontre avec Sara a été pour moi un véritable moment de gratification. J’ai l’impression d’avoir participé à une petite aventure pour laquelle nous avons su créer, avec Sara, une relation nouvelle, sans dimension hiérarchique, simplement de confiance réciproque.

Cela m’a aussi apporté la satisfaction de travailler pour une société, Safran, qui s’est engagée dans ce dispositif. Je suis fière de ce qui a été mis en place avec la Fondation Sorbonne Université pour ces jeunes méritants, curieux et ouverts. Que je puisse participer à cela a été une vraie joie. C’était un écho à mes valeurs profondes.

Au bout de cinq ans, quelle évolution avez-vous observée chez Sara à vos côtés ?

A. T. : Au départ, Sara était assez timide. Puis au fil des mois, je l’ai vue se métamorphoser, s’ouvrir et s’épanouir. Elle a pris conscience de son potentiel et mis en œuvre tout ce qu’elle avait en germe quand nous nous sommes rencontrées. Elle a montré qu’elle était capable de voler de ses propres ailes et d’être autonome. Je n’ai fait que lui montrer des possibles, lui ouvrir quelques portes, mais c’est elle qui a fait éclore ce qu’elle avait en elle.

Et vous Sara, que pensez-vous avoir fait éclore grâce à ce tutorat ?

S. R. : En arrivant à l’université, j’étais effectivement assez intimidée. Ma tutrice m’a accompagnée et m’a fait découvrir de nouveaux horizons. Cette première expérience dans le monde de l’entreprise m’a aidée à savoir ce que je voulais pour mon avenir professionnel et à prendre petit à petit confiance en moi.

Anne, pensez-vous renouveler l’expérience avec de prochains lauréats de ce dispositif ?

A. T. : Je recommencerai sans aucune hésitation ! Je continuerai également à participer en tant qu’ambassadrice à la promotion des étudiants et des formations universitaires au sein de Safran.

Dans tous les cas, j’espère garder un lien avec Sara. Ni elle ni moi ne sommes de grandes bavardes, mais au bout de cinq ans, nous avons tissé une relation sincère.

Sara, comment envisagez-vous la suite ?

S. R. : Je veux devenir data scientist au sein de chez Safran. En mai, je ferai mon stage de fin d’études chez eux. Je serai chargée de faire des analyses statistiques à partir des données afin de les exploiter et de leur donner du sens. Je souhaite participer aux projets innovants du groupe pour créer les produits de demain, développer les meilleures solutions et relever de nouveaux enjeux, comme la réduction de la consommation de carburants. Parce que j’ai envie de travailler au cœur de l’innovation, je pense que Safran est un environnement où je pourrais m’épanouir dans mon domaine d’expertise et apprendre de nouvelles choses.

A terme, j’espère pouvoir devenir moi-même tutrice de futurs étudiants de Sorbonne Université en lien avec la Fondation. Aider un étudiant dans son projet d’études et professionnel, lui faire découvrir les métiers du groupe, c’est une mission qui me tient à cœur. Et bien sûr, j’aimerais moi-aussi poursuivre la relation que j’ai nouée avec ma tutrice au delà du dispositif Passeports pour le master.