03 Apr 2018

16 doctorants de Sorbonne Université et de ses partenaires de l’UTC* et du MNHN* se rencontreront le mercredi 21 mars à 18h, dans l’auditorium du campus Pierre et Marie Curie à l’occasion du concours « Ma thèse en 180 secondes ».

Leur objectif : résumer et expliquer en trois minutes, face au public et au jury, l’objet de leurs travaux de recherche en thèse (s'inscrire pour faire partie du public).

Les deux gagnant(e)s défendront les couleurs de l’université à l’occasion de la demi-finale nationale qui se tiendra au mois d’avril. 

Université de technologie de Compiègne, Muséum national d'histoire naturelle

ma thèse en 180 secondes
Ma thèse en 180 secondes

Nesrine Ben Hadj Youssef 

Des antioxydants mis sous bulle pour créer des super-aliments anti-cancéreux

"Manger cinq fruits et légumes par jour" est une phrase sous doute que trop familière. Combien de fois ce slogan si familier a-t-il été entendu sans être vraiment écouté ? Les fruits et légumes contiennent des molécules antioxydantes pouvant diminuer le risque de cancer, des maladies d’Alzheimer, de Parkinson ou de pathologies cardiovasculaires. Ces molécules aux super-pouvoirs sont donc des bienfaitrices de la santé, mais elles sont aussi d’une extrême fragilité. Elles se dégradent en présence de nombreux facteurs : oxygène, lumière, température trop élevée ou milieu trop acide. Et elles n’aiment guère plus d’être ajoutées à des aliments pour les enrichir. Les consommateurs ne profitent donc pas des propriétés de ces petites molécules miraculeuses pour la santé. C’est pour cela que Nesrine Ben Hadj Youssef va utiliser la méthode d’encapsulation qui consiste à créer une sorte de bulle autour des molécules antioxydantes pour les protéger de leurs agresseurs. Pour créer cette couche de protection, elle a choisi d’insérer les antioxydants dans des microcapsules en matière végétale. Mais encore faut-il bien choisir le matériau d’enrobage ! Ce dernier contrôle tout : la taille, la stabilité des microcapsules, la préservation des propriétés biologiques des antioxydants. Tout le challenge de ce travail de thèse est de trouver la technique d’encapsulation et les matériaux d’enrobage qui permettront de créer les super-aliments de demain qui protégeront des cancers et du vieillissement !

  • Établissement : UTC
  • École doctorale Sciences pour l’ingénieur (ED 071)
  • Doctorant en 2e année
  • Équipe : Génie Enzymatique et cellulaire FRE 3580 CNRS
  • Encadrante : Claire Rossi

Mathieu Bertrand 

Utilisation des propriétés quantiques pour l'amélioration des horloges atomiques

Dans le monde perceptible, les objets possèdent des propriétés pouvant être décrites avec certitude : le ciel est bleu, le bois est rigide… On considère ainsi que les systèmes physiques ont des états bien déterminés. En plongeant au plus profond de la matière, il est possible d’atteindre ses composants primordiaux, les atomes. Ces briques élémentaires de l’univers obéissent aux lois de la mécanique quantique, qui contrastent avec la perception habituelle de l’environnement. Les chercheurs ont seulement accès à la probabilité de trouver des atomes dans un état quantique donné sans pouvoir l’affirmer avec certitude. Plus surprenant encore, les atomes peuvent parfois choisir plusieurs états en même temps, à l’image d’une personne qui pourrait être triste et joyeuse à la fois. Lorsque cette intrigante propriété lie plusieurs objets quantiques, on parle d'intrication. La maîtriser permet de réaliser des prouesses technologiques comme des horloges atomiques ultra-précises, des échanges de clés cryptées inviolables ou encore de concevoir le fameux ordinateur quantique. La thèse de Mathieu Bertrand consiste à construire une expérience permettant de refroidir un nuage d’atomes de strontium grâce à des faisceaux lasers capables de les immobiliser. Cet ensemble sera ensuite positionné entre trois miroirs renfermant de la lumière utilisée pour manipuler les états quantiques des atomes. Il sera alors capable de placer le strontium dans des superpositions d’états et d’étudier ses propriétés uniques pour les mesures ultra-précises. 

  • Établissement : Sorbonne Université – Faculté des sciences
  • École doctorale Physique en Ile-de-France (ED564)
  • Doctorant en 1re année
  • Équipe : Laboratoire Kastler Brossel
  • Encadrant : Jakob Reichel

Béatrice Biancardi

Les premières impressions comptent, pas seulement pour les humains ! 

Psychologie et informatique se marient pour rendre les personnages virtuels plus crédibles et engageants. 
Les outils technologiques ont aujourd'hui des interfaces permettant d’interagir avec eux : il est possible de demander au smartphone la météo, de "tchater" avec des conseillers virtuels… Souvent ces échanges semblent peu naturels et sont rapidement interrompus. Comment rendre l'ordinateur plus «humain» ?
Grâce aux agents conversationnels animés : des personnages virtuels autonomes qui utilisent un répertoire de comportements non-verbaux (gestes, mouvements de tête, expressions faciales) le plus riche possible. Ils possèdent des caméras et des micros pour voir et entendre, un corps et une voix pour répondre. Ils jouent le rôle de tuteurs, compagnons, psychologues, guides dans de nombreuses applications.
Afin de produire une interaction engageante, ils doivent être crédibles et attractifs dès les premiers instants. Le travail de thèse de Béatrice Biancardi cherche à améliorer les premières impressions générées par ces personnages, en perfectionnant significativement leur comportement non-verbal.
Elle analyse la communication humaine pour identifier les indices non-verbaux qui influencent les premières impressions et utilise ces résultats pour construire les comportements de l'agent virtuel. Il apprend ainsi les bons comportements pour apparaître plus amicale ou plus compétent par exemple. Béatrice Biancardi vise aussi à doter l'agent de la capacité d'interpréter les réactions de l’humain et modifier ses gestes en temps réel afin de susciter la meilleure impression possible. 
A la fin, vous n'aurez qu'une envie : interagir avec eux !

 

  • Établissement : Sorbonne Université – Faculté des sciences
  • École doctorale : EDITE (ED 130)
  • Doctorante en 2e année
  • Laboratoire : ISIR
  • Encadrante : Catherine Pelachaud

Hélène Cazzola

Compréhension de l’interaction flagelle/membrane : vers la fin d’un atout stratégique dans l’infection bactérienne

Les antibiotiques, ce n’est pas magique. L’unique arme contre les bactéries est réellement menacée, car de moins en moins efficace. Si rien n’est fait, à l’horizon 2050 ces infections bactériennes deviendront la première cause mondiale de mortalité, devant les maladies cardiovasculaires et les cancers. 
Plutôt que de vouloir à tout prix tuer les bactéries, ce qui les rend plus résistantes, pourquoi ne pas tout simplement les rendre inoffensives. Avant de nous infecter, les bactéries ont besoin d’adhérer sur nos cellules. Pour cela, elles possèdent de nombreux outils et en particulier le flagelle, un long bras articulé capable de s’accrocher à la membrane cellulaire. 
Dans le cadre de sa thèse, Hélène Cazzola étudie comment marche cette interaction. Les premiers résultats montrent que le flagelle cible les lipides, les constituants majeurs de la membrane. Reste à savoir quels lipides préférentiellement, dans quelles conditions, est-ce que le flagelle traverse la membrane ou est-il juste accroché à sa surface ?… Autant de questions sans réponse qu’il reste à élucider. 
Une fois ces précieuses informations acquises, il sera possible, dans plusieurs années, de créer un piège attirant et entourant le flagelle de manière permanente. Ainsi, les bactéries ne seront plus en mesure de rentrer en contact avec la membrane. Les victimes des bactéries seront donc protégées sans induire de nouvelles résistances.

  • Établissement : UTC
  • École doctorale : Sciences pour l’ingénieur (ED 071)
  • Doctorante en 2e année
  • Laboratoire : Génie Enzymatique et cellulaire FRE 3580 CNRS
  • Encadrant : Yannick Rossez et Claire Rossi

Cécile Dubois

Achille à Rome : quelle place pour un guerrier légendaire en temps de paix

Achille est le plus beau et le meilleur des combattants de la guerre de Troie, selon Homère, le plus connu des poètes grecs anciens. C'est aussi le guerrier le plus sanguinaire. La thèse de Cécile Dubois s'interroge sur sa survie chez les latins, dans la Rome des empereurs, en temps de paix: l'héroïsme était-il encore une valeur? Et à travers Achille, comment cette société a-t-elle géré le retour au quotidien de ses vétérans marqués par les guerres civiles toutes récentes? Ce travail de recherche est une sorte d'enquête d'opinion, à 20 siècles de distance. Pour cela, il existe de solides témoignages d’époque : des poésies épiques et lyriques latines et des images qui ont traversé deux millénaires. Les premiers résultats de Cécile Dubois montrent que les Romains du début de l'empire préféraient entendre parler des exploits amoureux plutôt que de ceux du champ de bataille: le personnage d'Achille a alors gagné une vie sexuelle complexe et incarnait pour eux le modèle du séducteur irrésistible. "Peace and love" était déjà à la mode dans la Rome antique. 
En revanche, un siècle plus tard, l'héroïsme est redevenu un modèle pour l'éducation des enfants. Imiter les exploits à la chasse ou à la course d'Achille enfant était de nouveau valorisant pour un jeune garçon. Et au moment de la mort, perçue comme le dernier combat à mener, c'est encore au héros qu'on se compare. Finalement, le guerrier hors des combats, adolescent ou amoureux, n’a cessé de constituer un modèle positif pour le quotidien.

  • Établissement : Sorbonne Université – Faculté des lettres
  • École doctorale Mondes anciens et médiévaux (ED 022)
  • Doctorante en 3e année
  • Équipe : Edition Interprétation, Traduction des textes anciens (EDITTA) – EA 1491
  • Encadrante : Sylvia Franchet d’Esperey

Isabelle Dumont-Dayot

Dion Chrysostome, orateur intemporel : il y a 2 000 ans, il nous parlait déjà de notre humanité

A quoi bon traduire aujourd’hui des textes grecs qui n’ont pas encore été traduits en français ? 
Cette question se pose pour Dion de Pruse, orateur grec du Ier siècle après J.-C. Il parcourait l’Asie Mineure (l’actuelle Turquie) et l’Empire romain pour des conférences où il brillait devant son auditoire : son surnom « Chrysostome » signifie « bouche d’or ». À peine le tiers des 80 discours qui nous sont parvenus a été traduit, principalement les discours politiques. 
La thèse d’Isabelle Dumont-Dayot consiste à traduire huit discours moraux: deux d’entre eux traitent de la mort d’un boxeur adulé par son public, avec des réflexions sur le corps des athlètes, sur les relations entre le corps et l’esprit. Les autres évoquent les thèmes de l’image et des apparences, de la tenue vestimentaire et de l’opinion publique. Les préoccupations de Dion Chrysostome sont proches de celle d’aujourd’hui. Ses discours semblent s’adresser à ses lecteurs, pour les  accompagner dans leur quête de la sagesse, sans âge ni frontière : « On ne peut pas faire bon voyage en mer si on ne sait pas dans quelle direction on navigue. De même, dans la vie, c’est après avoir compris ce qui est le mieux et après l’avoir établi comme but qu’il faut faire tout le reste en accord avec ce but. » 
Traduire, c’est réveiller une parole oubliée, et aller à la rencontre d’auteurs antiques. Chercher à les comprendre, c’est accueillir leur vision du monde et se rendre compte que nous partageons leur humaine condition.

  • Établissement : Sorbonne Université – Faculté des lettres
  • École doctorale : Mondes anciens et médiévaux (ED 022)
  • Doctorante en 3e année
  • Équipe : Édition, Interprétation, Traduction des textes anciens (EDITTA) – EA 1491
  • Encadrant : Alain Billault

Romain Durand de Cuttoli

Éteindre l’addiction à la nicotine à l’aide de la lumière

En France, 16 millions de personnes fument malgré des conséquences néfastes sur leur santé. Il s’agit donc d’un problème de société majeur. La nicotine est le principal composé actif de la fumée de cigarette. Elle agit en se fixant sur les récepteurs nicotiniques, qui sont largement distribués dans le cerveau. 
Comment la nicotine va-t-elle détourner le fonctionnement normal et conduire à l’addiction ? Pour répondre à cette question, il faudrait idéalement bloquer l’effet de la nicotine dans différentes régions précises du cerveau. Pour cela, Romain Durand de Cuttoli travaille au sein du laboratoire Neuroscience Paris Seine à développer une stratégie inédite permettant de contrôler les récepteurs nicotiniques avec la lumière. L’idée est de modifier le récepteur pour y accrocher un nano-interrupteur chimique. Sous la lumière violette, l’interrupteur se replie en empêche la nicotine de se fixer au récepteur. Sous la lumière verte, l’interrupteur est déplié et va ainsi laisser la nicotine agir. Grâce à cette stratégie originale, la lumière a pu dans un noyau clé du circuit de la récompense, bloquant ainsi l’effet de la nicotine uniquement dans cette région. Les souris ne sont alors plus attirées par la nicotine. Si soigner les fumeurs en amenant la lumière dans leur cerveau relève encore de la science-fiction, cette technologie pourra permettre d’agir dans les autres étapes de l’addiction, comme le manque et la rechute. Elle permettra aussi d’identifier de nouvelles pistes thérapeutiques.

 

  • Établissement : Sorbonne Université – Faculté des sciences
  • École doctorale : Cerveau, cognition, comportement
  • Doctorant 3e année
  • Laboratoire : Neuroscience Paris Seine
  • Encadrant : Alex Mourot

François Gaudin

Peut-on prédire les effets du changement climatique sur la distribution des espèces ?

Le changement climatique s’est intensifié au cours de ces dernières décennies et constitue aujourd’hui une menace sérieuse pour les écosystèmes. D’importants changements de distribution de la biodiversité ont ainsi été observés à l’échelle globale sur les continents et les océans. Les zones de transitions géographiques comme la Manche qui, à l’échelle de l’Atlantique Nord-Est, se situe entre une région d’eaux tempérées chaudes au sud et une autre d’eaux tempérées froides au nord sont particulièrement sensibles au changement climatique.
De nombreuses études ont ainsi montré que le réchauffement des eaux de la Manche avait entraîné des changements de distribution importants des poissons, du plancton et des organismes qui vivent dans la zone de balancement des marées. En revanche, aucune n’a encore été menée à l’échelle de toute la Manche sur les organismes qui vivent sur les fonds du large (étoiles de mer, coquillages, crustacés, …), bien plus difficiles à échantillonner et donc à étudier. C’est précisément l’objet d’étude de la thèse de François Gaudin. 
En comparant des données collectées dans les années 1970 et d’autres données datant de 2012-2014, après 40 ans de réchauffement, François Gaudin cherche à évaluer les effets du changement climatique sur la distribution des espèces qui vivent sur les fonds de la Manche. Le développement de modèles de distribution d’espèces à partir de données de distribution collectées dans les années 1970 permettra en outre de savoir si l’on peut ou non prédire la distribution future de ces espèces.

  • Établissement : Sorbonne Université – faculté des sciences
  • École doctorale Sciences de la nature et de l'homme : évolution et écologie (ED227)
  • Laboratoire : UMR 7144  - Adaptation et diversité en milieu marin
  • Docteur
  • Encadrant : Eric Thiébaut

Augustin Guibaud

Dur dur d’appeler les pompiers dans l’espace !

1997 : la surchauffe imprévue d’un appareil à bord de la Station Spatiale MIR met le feu à un générateur d’oxygène. Dès les premières minutes, le manque de préparation pour faire face à cet incident se fait sentir. Les extincteurs sont vissés aux parois par mesure de sécurité au décollage et, une fois libérés, leur utilisation s’avère malaisée puisqu’ils propulsent en arrière les astronautes qui flottent en apesanteur. Enfin, encore plus inquiétant, la flamme dégage une fumée très épaisse, qui brouille la vue et coupe le souffle. Or dans l’espace, pas moyen d’ouvrir la fenêtre pour prendre un bol d’air… L’incendie a heureusement été maitrisé grâce à la réactivité de l’équipage, mais ils ont eu chaud ! Dans ce genre de situation, l’absence de gravité perturbe énormément le comportement habituel d’une flamme. Sur terre, les gaz chauds, plus légers, produits lors de la combustion sont évacués vers le haut. Mais, sans gravité, plus de haut ni de bas et cela affecte toute la combustion. Augustin Guibaud développe en thèse une expérience capable de mesurer lors de vols en apesanteur la façon exotique dont la chaleur et les composants de la fameuse fumée interagissent dans cet environnement inhabituel. Son objectif est de comprendre comment les conditions extérieures affectent l’apparition de l’incendie, sa propagation et son l’extinction afin d’améliorer la sécurité des navettes spatiales. Le 6 Février 2018, Elon Musk, PDG de la société SpaceX, envoyait sa voiture en orbite. Espérons donc qu’il ait bien débranché l’allume cigare.

  • Établissement : Sorbonne Université – Faculté des sciences
  • École doctorale : Sciences mécaniques, acoustique, électronique et robotique (ED 391)
  • Doctorant 2e année
  • Laboratoire : Institut Jean Le Rond d’Alembert
  • Encadrant : Guillaume Legros

Ruben Lopez Perez

Geste, guitare et pensée : le chemin du discours musical

Qu'est-ce qu’on exprime avec la musique ? Quels sont les chemins par lesquels les sons mènent les individus: images mentales, sensations physiques, émotions ?
Chacun connait et comprend le monde, y compris la musique, à travers le corps.
Quand une personne entend (ou voit) quelque chose, elle est en mesure de lui donner un sens grâce à l’empreinte des mouvements du corps dans sa conscience.
Par exemple, elle est capable d'imaginer et de se représenter les actions de son interlocuteur à l'autre bout du fil comme s'il se trouvait à ses côtés.
Dans sa thèse, Ruben Lopez Perez se plonge dans l'énigme de la beauté sonore et gestuelle qui existe dans la musique. En tant que musicien — guitariste— et amateur de musique, il a souvent été captivé par un morceau ou un concert. Cette force que possède la musique et ce don qu'ont certains artistes pour la transmettre sont les principales raisons qui l’ont amené à faire des recherches sur la question du « geste à la guitare ».
Les travaux effectués récemment sur ce sujet sont concentrés sur la signification musicale d’une partition en tant que véhicule des idées du compositeur. Dans cette thèse l’objet d’étude étant l’acte de performance, la recherche est orientée sur l’interprétation, la mise en scène et en particulier le geste comme incarnation du son.
Cette problématique oblige à observer la musique depuis une perspective nouvelle plaçant le discours musical - et donc la séquence: pensée, geste, son - au centre de la recherche.

  • Établissement : Sorbonne Université – Faculté des lettres
  • École doctorale : Concept et langage (ED 433)
  • Doctorant de 2e année
  • Équipe : IReMus
  • Encadrant : Jean-Marc Chouvel

Alix Pérusseau-Lambert

Touche-moi si tu peux : interface et trouble du spectre de l’autisme

Tous les jours nous communiquons avec notre environnement à l’aide de notre corps. Nous utilisons notre sens du toucher en permanence, par exemple en déplaçant des objets ou en faisant la bise à nos amis. Cependant, des personnes ont des difficultés à interagir avec les autres et avec leur environnement. Ils perçoivent le monde d’une manière unique. Certains peuvent ne pas supporter le contact physique, voire ne pas en comprendre le sens ou ne pas le sentir. Ces personnes sont atteintes de Troubles du Spectre de l’Autisme, particularité dont l’origine n’est pas totalement définie mais provenant probablement d’un développement atypique du cerveau. On parle de Spectre car chaque individu est unique et il existe autant de partie du Spectre que de personnes atteintes, bien qu’elles aient des caractéristiques communes. Les recherches qui ont étudiée le sens tactile dans l’Autisme observent qu’il n’y a pas de consensus sur ces particularités. Peu d’études ont observé ce sens contrairement à la vision et à l’audition. Les recherches précédentes ont indiqué que fournir des stimulations tactiles adaptées à chaque individu pourraient avoir de grands bénéfices pour leurs bien être et leurs vie quotidienne. Alix Pérusseau-Lambert travaille donc sur le développement de nouveaux outils centrés sur les besoins de ses personnes, à l’aide des nouvelles technologies. Pour ce faire elle allie psychologie et ingénierie afin de valider une méthode de conception d’interfaces adaptées à toute population extraordinaire.

  • Établissement : Sorbonne Université – Faculté des sciences
  • École doctorale Sciences mécaniques, acoustique, électronique et robotique
  • Doctorante en 3e année
  • Équipes : CEA LIST : Laboratoire des interfaces sensorielles et ambiante / ISIR
  • Encadrants : ISIR, Mohamed Chetouani et Ouriel Grynszpan / CEA, Margarita Anastassova et Mehdi Boukallel

Eugénie Peze Heidsieck 

Embobiner l’ADN pour tricoter sans trembler ! 

La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative chronique qui touche 1 % de la population après 60 ans. On compte plus de 200 000 malades en France et 8 000 nouveaux cas chaque année. La population vieillissant, ce nombre est en constante augmentation. Prévenir et guérir la maladie de Parkinson fait ainsi partie des enjeux majeurs de notre époque. Les neurones dopaminergiques, situés dans une zone profonde du cerveau appelée ‘substance noire’ en raison de sa pigmentation, sont particulièrement touchés et meurent graduellement. Ces neurones produisent la dopamine, un neurotransmetteur, qui contrôle les mouvements automatiques du corps. 
Eugenie Peze Heidsieck et l’équipe dans laquelle elle mène ses recherches ont montré que l’injection d’une protéine propre à ces neurones permet de les protéger. Celle-ci s’appelle Engrailed et participe à la mise en place du cerveau pendant l’embryogenèse. Elle reste aussi exprimée à l’âge adulte. 
Ils ont également prouvé qu’Engrailed réprime ce qu’on appelle des LINES. Les LINES sont des éléments mobiles dans le génome qui se déplacent par un système de « copier-coller ». Ils peuvent induire des cassures dans l’ADN ce qui peut menacer l’intégrité́ génomique. Il se pourrait qu'Engrailed agisse en tant que gardien de l'intégrité́ du génome et puisse être considérée comme protéine anti-vieillissement. Eugenie Peze Heidsieck et son équipe cherchent ainsi à mieux comprendre le lien entre Engrailed, la protection des neurones dopaminergiques, les cassures de l’ADN et les LINES.

  • Établissement : Sorbonne Université – Faculté des sciences
  • École doctorale : Cerveau, cognition, comportement
  • Doctorante 3e année
  • Équipe : Développement et neuropharmacologie
  • Encadrant : Alain Prochiantz

Paul Quantin

Bienvenue dans le monde sauvage de la toxicologie

Lorsque l’on définit la toxicologie, on pense alors à son concepteur reconnu, Paracelse qui, au XVIème siècle, observa que « tout est poison, et rien n’est poison ; ce qui fait le poison c’est la dose ». Néanmoins, cette image est aujourd’hui remise en question. 
Les organismes sont quotidiennement exposés à de nombreuses substances chimiques, d’origines diverses et variées. Certaines personnes réagissent de manière non expliquée à des substances chimiques industrielles, comme des produits cosmétiques, a priori non toxiques. De nouvelles théories décrivent la toxicologie comme le résultat de l’interaction (ou de l’exposition simultanée) de plusieurs substances. Une substance non toxique dans un cas, deviendrait nocive lorsque qu’elle est administrée en même temps qu’une autre. C’est sur cette théorie que se base la thèse de Paul Quantin.
Il a travaillé pour le département de toxicologie d’une entreprise de cosmétiques qui s’intéressait à une problématique non résolue : pourquoi certains consommateurs présentent des manifestations toxiques cutanées avec un produit utilisé de longue date qui n’avait jamais conduit chez ces sujets à la moindre observation ?
Pour répondre à cette interrogation, Paul Quantin est allé observer comment fonctionnaient les cellules de la peau humaine. Il s’est rendu compte qu’il y avait un moteur très complexe et surtout très sensible qui serait peut être la cause à notre problème...

  • Établissement : UTC
  • École doctorale : Sciences de l’ingénieur (ED 071)
  • Docteur
  • Laboratoire : UMR 7338 : BioMécanique et BioIngénerie (BMBI)
  • Encadrant : Christophe Egles et Hervé Ficheux

Marianne Roca

Héritage cellulaire : comment l’ascidie blanche fait-elle fi de l’avis du juge?

Tout héritage pose la question de la répartition des biens et quand une seule solution permet de rester en vie, la présence d’un juge contrôlant cette répartition est vitale. Les biens de la cellule (unité de base des organismes vivants) ce sont les volumes de l’encyclopédie contenant l'information génétique, mode d’emploi qui lui permet de faire face à toute situation. Lors de la division de la cellule, un exemplaire de chaque volume doit être transmis à chaque cellule fille. En cas d’erreur, les conséquences vont être désastreuses: trisomie, cancer, mort embryonnaire. Un juge est donc là pour contrôler la répartition correcte des copies de ces volumes. Ce juge est présent chez les cellules animales notamment humaines mais aussi végétales ou encore chez les levures.
Cependant, au cours du développement (de la fécondation de l’œuf à l’adulte), l’histoire est un peu différente. Certaines espèces comme l‘oursin ou la souris écoutent l’avis du juge dès la toute première division de la cellule œuf ; d’autres, comme la grenouille ou l’ascidie effectuent les premières divisions sans en référer au juge. 
L’objectif de Marianne Roca est de comprendre cette absence de contrôle de la répartition des volumes de l’encyclopédie lors du développement précoce d’une espèce marine : l’ascidie blanche. Est-ce que le juge est absent ? Est-il ignoré? Inhibé? Endormi? Comprendre ce procédé ouvre la possibilité d’apprendre à l'épauler dans sa lutte contre les maladies.

  • Établissement : Sorbonne Université – Faculté des sciences
  • École doctorale : Complexité du vivant
  • Doctorante 2e année
  • Laboratoire : UMR7009 Laboratoire de biologie du développement de Villefranche/mer (LBDV) 
  • Encadrante : Elisabeth Christians

Marine Truchet

Développement de nouvelles technologies pour améliorer le confort des patients atteints de maladies chroniques.

Les industries pharmaceutiques s’intéressent aux peptides thérapeutiques pour soigner des maladies chroniques. Cependant, ils doivent être injectés par voie sous cutanée au moins une fois par jour pour être efficaces. Il est donc nécessaire d’améliorer le confort des patients en diminuant la fréquence des injections. Il est pour cela possible d’encapsuler le peptide dans une sphère qui se dégrade lentement dans l’organisme et libère progressivement le peptide.
Pour fabriquer cette sphère il faut fabriquer une goutte d’eau (qui contient le peptide) enfermée dans une goutte d’huile et disperser le tout dans de l’eau. Ce système s’appelle une double émulsion. La phase d’huile sera solidifiée par la suite pour obtenir les sphères.
Les techniques classiques pour réaliser ces doubles émulsions consistent à mélanger les liquides grâce à des équivalents de mixeur. Mais ces méthodes sont trop violentes et incontrôlées.
Le sujet de thèse de Marine Truchet consiste à imaginer un procédé alternatif plus efficace. La technologie utilisée est la microfluidique ou la science des systèmes manipulant les fluides à l’échelle du micromètre. Pour créer les gouttes, nous faisons circuler les liquides dans des petits canaux (qui ont la taille d’un cheveu) gravés dans une puce transparente. Grâce à ce système, les gouttes sont créées une à une et avec un grand contrôle sur leur taille et leur composition.
En jouant sur les débits, il est de plus possible de commencer la solidification à l’intérieur de la puce.

  • Établissement : Sorbonne Université – Faculté des sciences
  • École doctorale : sciences mécanique, acoustique, électronique et robotique
  • Doctorante 2e année
  • Laboratoire : Gulliver, Microfluidics, MEMS, Nanostructures
  • Encadrant : Patrick Tabeling

Martin Turbet

Une planète extrasolaire similaire à la Terre au plus proche de nous

La Terre est entourée dans sa  galaxie de centaines de milliards d'étoiles. Autour de ces étoiles tournent des planètes, beaucoup de planètes. On les appelle les planètes "extrasolaires".
L’objectif de Martin Turbet est de prédire et d’anticiper ce à quoi peuvent ressembler l'atmosphère et la surface de ces planètes extrasolaires, et en particulier celles qui sont semblables à la Terre. Pour cela, il a mis au point un modèle numérique de climat, un programme informatique composé de centaines de milliers de lignes, et basé sur plus de 40 ans d’expertise accumulée au sein du laboratoire de Météorologie dynamique (LMD) ! Ce modèle numérique permet de prédire le temps qu'il fait sur les planètes extrasolaires.
Malheureusement, toutes les planètes extrasolaires connues sont très éloignées. Trop éloignées pour être observées en détail ou pour être visitées. A quoi bon vouloir prédire la météo sur ces mondes si lointains et inaccessibles ?!
Réponse depuis le 24 Août 2016, et la découverte par une équipe de chercheurs européens de Proxima b, planète de la taille de la Terre tournant autour de l’étoile la plus proche du Soleil ! Elle marque le début d’une nouvelle ère dans l’exploration des mondes extrasolaires. En tant que spécialiste des atmosphères de planètes, Martin Turbet a été impliqué sur cette découverte. En utilisant le modèle numérique de climat qu’il avait mis au point, il a démontré la forte probabilité que cette planète recèle aujourd'hui de l'eau liquide à sa surface et donc possiblement abriter de la vie.  

  • Établissement : Sorbonne Université – Faculté des sciences
  • École doctorale Astronomie et astrophysique (ED 127)
  • Doctorant en 3e année
  • Équipe : Laboratoire de Météorologie Dynamique
  • Encadrant : François Forget